‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 2 sur 759 · CHAPITRE EREMIER (150G- 15M · texte numérisé non relu

CHAPITRE EREMIER (150G- 15M

docteur, lorsque, fidèle à la vocation qui lui fut révélée, il quitta^ Paris, pour entrer à la suite d'Ignace dans la voie apostolique. -

su, qui ràvait prédestiné pour annoncer l'Evangile aux peur^pleâ^de risie, avait révélé cette élection S une femme d'une éminente vertu, à la sœm- même de François. Madeleine, abbesse de Sainte-Claire de Gandie, écrivait, vers 1527, à son père, qui avait " eu la pensée de rappeler XayierïJ^ Navarre, une lettre remplie d'un esprit prophétique. <f Craignez, disait cette vénérable, religieuise , 4'interrpinp|e votre fils en ses études théologiques^ car Dieu lé destine à dejénir l'apôtre dés Indes (1). » : Madeleine, dont les vertus saintes autorisaient les avis, fut écoutée > de son père, et Xavier poiu-siiivit ses étueleé ; mais sa principale ii ambition ne tendait que vers la science et la gloire humaines. Ge- ^jpendant Madeleine né cessa de prier pouç la conversion de son frère, ^ jusqu'à ce que, après une vie très-parfaite, elle mourut,, en 1533, . /d'une mort héroïque. ^

A cet égard, rdâ raconte que Dieu lui ayant découvert qu'une mort très-douce, lui était réservée, et qu'une mort affr^e devait être le sort d'une de ses religièuises, elle en implora l'échange, et fut éprouvée dans sa mort par les peines les plus douloureuses de l'âme et du corps. Quoiqu'il en soit, les prières de Madeleine de- .^vant-la face de Dieu ft^ent assez puissantes pour en obtenir l'en- >> . ^tière conversion de soir frère.

L'Univeil^ité dé Paris était alors le foyer universel des connais-,. .'*sances humaines: les générations sayantesvenaient s'y former; et, *' de toutes les parties de l'Europe , c'«st-à-dire des extrémités de • ' l'horizon des sciences, d'innombrables disciples venaient écouter » ^ les leçons des maîtres (2). ; *>

i Parmi ce concouTs se troïSivaient dé^ertueux écoliers qui devin- ' ■ rent les Pères de la Compagnie de Jésus! Ignace de Loyola, sorti

iM^'W

v*;^ (1) Cette lettre ne paraU point 'avoir été conservée ; mais «He fut citée par des téinojns entendus au procès de canonisation.

(?) L'hérésie prptéstànte qui^ sous le roi François î*', cooimeçiçait à se rendre en France, avait ct^sl l'Université de Paris pour y propager ses ^ doctrines. Nous verrons dans une lettre du Saint ( l, 5) qu'il confessé être ' -^ redevable à saint Ignace de n'avoir point ressenti la pernicieuse influence ^ des novateurs.

-»ik

Mfi^mmm

tf -f:

X VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

da mondé eï devenu conquérant iau iiom de Jésus-Christ, devait élire ses plemiers disciples au Sein dé l'Université de Paris. Cet homme, sanctifié déjà par les épreuves^- et qui s'humiliait jusqu'à '^Se dire pauvre de tout bien, allait susciter une compagnie d'aj>0r; très, dont les vertus, depuis trois,ipents ans, ne cessent â^ ce s|e ciel et d'édifier la terre. ,

Pierre Lefèvre (1), né de pauvrea parents, à Viilaret, en Savoie; ,partageait l'habitation de Xayie^|lcûis une chambre du collège de Sainte-Barbe. Lefèvre i humble "et fervent , se rendit sans peine "^''auréxhortations d'Ignace et résolut de le suivre dans les voies ^^fiarfaites.' ■•" '^^-::^'\' " ,,. ^ -t:-^

Mais Xavier, d'un naturel ardent, ambitieux de gloire et préoccupé des honneurs du siècle, ne se rendit ^int d'abord. Ignace, néanmoins, avec la douceur qui fut si éminente en lui , suivait les ^in^irations de la grâce divine, qui lui montraient Xavier comme I 4^1116 conquête d'une valeur inestimable. &>ùvent Ignace faisait en- ' * tendre à Xavier cette par(^ sainte ; Que sert à l'homme de gagner

, , (1) Pour satisfaire an désir d'un Pêrpdela Compagnie qui nous a demandé

de consacrer quelques lignes au P. Pierre Lefèvre, nous traduisons ici le

touchant éloge écrit par liucena, l'un des historiens de notre Saint (1698) :

« C'était l'admirable Pierre, ra seconde jpierre fondamentale de la Compa-

■:i gnie de Jésus. En six années seulement qu'il^^ vécut, après que Paul- 111 l'eut confirmée comme religion, Lefèvre, par l'exemple de sa vie véritablement apostolique, et par l'autorité .^C; sa doctrine, contribua à la fonder, à la dilatej et àla rendre illustre en Italie, en France, en Portugal, en Cas-

f; jtiile et surtout en Allemagne. Les fruits ittunenses qui ont été recueillis- "qui sont reeueilUs tous Icfe jours en toutes ces provinces, et dans ce nombre infmi de maisons et de collèges, on lèè doit tous aux premiers travaux de cet excellent Père. Qb grand homme était merveilleusement aimé de Dieu et des ■/' hommes.^ A sa seule considération, l'ordre vénérable des Chartreux deinanda à notre Compagnie, née à peine et ignorée du monde, l'alliance fraternelle qui existe à cette heure entre les' deux rehgions, et la participation de toutes les œuvres et de tousles'mérites de chacune. À ce sujet, le Père général des Chartreuji éerivi)^unè lettre tout iinprégnée de charité et pleine K^de louanges pour le. P. Lefèvre, qui prêchait alors à Cologne. Lefèvre avait

^S.r^ÇU pour gages du spécial amour dpnt,,,ir fut toujours l'objet de la part de ' Dieu, les dons d'une oraison et d'unTcoii^iplaïtion continuelles, qu'il alliait merveilleusement av«c ses devoirs d^ charité, tant spirituels que temporels, envers le prochain, remplissant à la fois les offices de Marthe et de^arie,de

';|j^ la/maniére laplui parfaite et la plus sainte. Visité souvent du Seigneur par des*^évélàtions céleètes, il en demeurait inondé de lumière en son intel- Ugence, et consolé dans son âme par tous les ravissements du Paradis, Ce vénérahie.Père nous fen a laisse coi^e uji mémorial et une relique, dans un i

^^pr-'

*s--îp(r5=«-iîv

Page 1