LITRE IT. — LETTRE TROISIÈME
nous envoyiez un excellent maître d'humafiit^s ; il es sure de trouver une occupation suffisante dans cet enseignement.
Au nombre des sujets que nous attendons de votre part, ]e gouverneur désire qu'il se trouve un prédicateur qui, par l'explication des saintes lettres et de la doctrine des sacrements, puisse contribuer à instruire de ce qu'Ds doivent posséder à fond, les prêtres qui, la plupart, nous arrivent assez dépourvus de science , et afin qu'en même temps il les confirme dans l'amour de Dieu et dans la charité du prochain; ce à quoi sans doute il devra parvenir par l'exemple, non moins que par la prédication. Vous n'ignorez point, en effet, que, pour persuader,! les actes sont plus efficaces que les paroles. Le gouverneur désire que nos autres confrères puissent consacrer leur zèle à entendre les confessions, à administrer les sacrements, et à convertir les infidèles. Cette île de Goa (1) peut donner des fruits trèsabondants de conversion parmi les infidèles ; il en est un : grand nombre qui vivent dépourvus de tous secours spiri-. tuels, et qui végètent au sein des ténèbres de la superstition, étrangers à l'idée même de leur Créateur et Seigneur. Le gouverneur attend donc trois prêtres et un maître d'humanités. Il écrit lui-même au roi, si je ne me trompe, pour le prier de demander au souverain pontife quatre membres de notre Compagnie ; en même temps, il le prie de solliciter les indulgences que je vous ai détaillées, afin que, le roi les ayant obtenues, nos confrères qui viendront d'Europe puissent les apporter dans les Indes. Et soyez bien convaincu que ce service leur conciliera la reconnaissance de tous les Portugais qui sont dans les Indes, et qu'ils y gagneront beaucoup déconsidération et d'autorité: en même temps ce sera le plus sûr moyen de faire pénétrer les sentiments religieux dans un grand nombre d'esprits. De toutes
(1) Goa se trouve effectivement dans l'île de TlssÙary, qui a 2 lieues de longueur et 6 lieues de tour.
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