‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 138 sur 759 · TT · texte numérisé non relu

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.4l^ LIVRE II. -^CINQUIÈME LETTRE.

Je demeure avec François de Mandas parmi les chrétiens ■^ du Gomorin, qui sont en très-grand nombre, et qui se multiplient tous les jours. A mon arrivée au milieu d'eux, je leur ai demandé s'ils connaissaient Notre-Seigneur Jésus- Christ ; mais à toutes mes questions sur les points de la foi , et sur ce qu'ils croyaient de plus que lorsqu'ils étaient infldèles,ils me répondaient une seule chose, à savoir qu'Us étaient chrétiens, et que leur ignorance de la langue portugaise les avait empêchés de s'instruire des mystères et des préceptes de la religion chrétienne. Comme je parlais espagnol (1) et eux malabar, qu'ils n'entendaient pas ma langue -^ et que la leur m'était inconnue, je fis choix des plus intel- -^ Ugents et des plus instruits d'entre eux, et je fis^rechercher avec soin ceux qui avaient quelque connaissance des deux langues. Nous étant réunis ensemble durant plusieurs jours, nous parvînmes par de communs efforts, et non sans des peines infinies, à traduire le catéchisme en langue malai bare (2). Après l'avoir appris par cœur, je me mis à parcourir tous les villages de la côte, muni d'une clochette afin

voir à leur niVigàtï ; elles essaient, dtfnîoîns , de terflîr^4'éclat1ièl graûdes œuvres de Dieu, dont tes autres ont étéJes instruments, et leur malice va quelquefois jusqu'à méconnaître ces œuvres. Vous trouverez plutôt, j« l'espère, dans la lecture de cette lettre, une précieuse occasion de rendre grâces à notre Dieu si rempli de miséricorde.

« En efifet, Dom Paul, François de Mancias et Baoi-méme nous joimssobs

d'une parfaite santé dans le Seigneur. Paul travaille à Goa, dans le collé§e

. de Sainte-Foi, où il remplit son ministère avec un zèle admirable; il est

i^ " ''■/ chargé de diriger les enfants qui vivent dans cette maison. Je suis avec

' Vv^f'rançois de Mancias, depuis plus d'une année, au mffieu des chrétiens rd'une

' ^%9ntrée appelée Comorin par ses indigènes! «^^ fe- v y ' '^^ - ^^''^

(1) L'édition de Louvain porte : ^ ^" ; ; « Je parlais la langue basque, et eux la langue malabare. «r

En effet, la langue basque est l'idiome de la Navarre, pays de notre Saint. -,-'^..-' v-"^ - ■=- )^?M0^* -';.'::=:-^s^ *■■>;•'■'

(2) Édition de Louvain : ■ - . .

« Ce catéchisme comprend la signification et la valeur du signe de la croix, la confession de la Trinité des Personnes divines, et d'un Dieu urique, le symbole des apôtres , les dix commandements de Dieu, l'oraison dominicale , la salutatioiî angélique, le Salve, Regina et une formule de confession géjaéride. » , ' ».- î

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M^ . LIVRE II. —Js^rpiE eu

d'assembler les enfants et les adultes. Je les réunissais deux fois le jour (1) pour leur enseigner la doctrine chrétienne. Les enfants parvinrent dans l'espace d'un mois à la réciter sans hésitation, et je leur recommandai d'enseigner fedeur tour ce qu'ils avaient appris, à leurs parents, à leurs serviteurs et à leurs voisins. ii w

Les dimanches, je faisais rassembler dans la maiScÉ de Dieu les hommes et les femmes , les jeunes gens et les jeunes filles; tous venaient avec joie et pleins du désir de s'instruire. En présence de tout le monde, je récitais dans la langue du pays et à haute voix, la profession de foi en la Très-Sainte-Trinité, l'oraison dominicale, la salutation angélique, et le symbole des apôtres ; tous accom-^ pagnaient mes paroles, et paraissaient le faire avec un vif plaisir. Je reprenais ensuite le symbole, insistant sur ses différents articles, à chacun desquels je demandais à mon auditoire s'il y croyait sans hésiter, et tous, d'une vbix ferme et les mains en croix sur la poitrine, professaient hautement ^^^^f^ leur foi. Je leur fais réciter le symbole plus souvent que les M ^^ autres prières; et je leur déclare que ceux qui croient tout ce qui est contenu dans le symbole, ceux-là sont ap- '^^ pelés chrétiens. Après l'explication du symbole, je leur enseigne les dix commandements, afin de leur faire connaître dans ces dix préceptes tout l'abrégé de la loi chrétienne, et '^ ^^/ pour qu'ils demeurent convaincus, que celui qui les observe ?"

tous fidèlement, est un chrétien par ses œuvres et en réalité, qui doit se tenir assuré de son salut, tandis que l'individuqui ^ néglige un seul de ces préceptes est un mauvais chrétien , et v^i> encourt la peine des enfers, s'H ne s'est lavé de son crimepar "t la pénitence. Les néophytes et les païens sont également Ssurpris de ces enseignements, et admirent la sainteté de la loi chrétienne, sa parfaite consistance en elle-même, et son

(1) Édition de LouvaiD :

« J'y consacrais tous les jours quatre heures, deux heures après le soleil levé, et deux heures au déclin du jour. »

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