‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 193 sur 759 · LIVRE II. — LETTRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LETTRE VINGT-SEPTIÈME

core avait envoyé vers moi trois ou quBtre de ses principaux serviteurs, qui seraient arrivés déjà, si la fatigue du voyage ne les avait fait s'arrêter à Manapare pour y prendre quelque repos. Ils sont porteurs d'une lettre du roi, dans laquelle ce prince m'invite à l'aUer visiter sans retard: ii désire me communiquer oralement certaines affaires, d'une importance infinie pour lui-même, et qui ne nous sont pas indifférentes, autant qu'il m'est permis de le pressentir; je pense que le roi n'agit ainsi, que parce qu'il éprouve un pressant besoin de la protection du vice-roi. En effet, nous entendons dire de tous côtés que les seigneurs ou Pules, qui se sont faits ses adversaires , sont devenus très-puissants et ont, durant leur longue prospérité, rassemblé de très-grandes richesses ; et le roi craint, n on sans fondement, que, par des présents considérables, ils n'attirent dans leur parti le vice-roi portugais, et ne trouvent dans ses troupes un tout-puissant auxiliaire.

Cette connaissance de l'état des affaires d'Iniquitribirim ajoute à ma confiance dans les lettres que j'en reçois en ce moment même ; il m'y promet, avec les expressions les pluiF Tives, sa protection absolue en faveur des chrétiens, allant jusqu'à les inviter à résider sur ses terres, et leur garantis- ., sant une existence indépendante et la sécurité la plus parfaite. Par ces motifs, je vais me hâter de me rendre auprès de lui; j'ai fixé mon départ à la nuit procliaine, et surtout je me sens pressé par un ardent désir d'aUer au secours de nos infortunés exilés, de nos chrétiens de Tutucurin et de Bembare, et de leur assurer un bon établissement sur les domaines du principal souverain de la contrée. Ce sera le premier de mes soins auprès d'Iniquitribirim, et je veux faire en sorte qu'il assigne un lieu déterminé, pour être à jamais , et sans péril d'éviction , la résidence de ces pauvres familles. *

Je désire en attendant, que vous fassiez tous vos efforts f et toutes vos diligences, afin de les faire passer de ces îles* désertes, où ils languissent privés de toutes les ressources

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