‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 192 sur 759 · LIVRE II. — LETTRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LETTRE VINGT-SEPTIÈME

au moment de partir, lorsqu'il est survenu des avis réitérés et très-effrayants : les Badages, cette race de barbares, s'était soulevée tout entière, et s'apprêtait à prendre les armes. La cause de leurs fureurs était que les Portugais venaient d'emmener en captivité l'un des proches parents de Beterbemale, chef de ces brigands, et le frère même de son épouse; et les Badages, exaspérés de cet affront sanglant, avaient résolu de se lever tous, pour exterminer le nom chrétien dans toute l'étendue de la côte de Gomorin.

A cette nouvelle, je me suis empressé d'écrire au P. François Goelho, afin qu'aussitôt après la réception de ma lettre, il accourût à la place où se sont réfugiés les chrétiens de Como.rin, et qu'il pût couvrir de notre protection ce peuple misérable, et le garantir des nouveaux désastres qui le menacent en cette circonstance. Je sais qu'on a parmi les Badages une grande opinion de mon crédit auprès d'Iniquitribirim, qu'ils appellent leur souverain. Ils sont loin, il est vrai, de lui être soumis; quelques-uns même, et Beterbemale à leur tête, ont ouvertement secoué son obéissance; cependant la plupart ont conservé du respect pour le nom royal, et je fonde un certain espoir sur le crédit qu^obtiendra Goelho, surtout venant de ma part, et me représentant, pour la protection de ce peuple si cruellement éprouvé. La lettre de Goelho m'apprend également que l'irritation des Badages n'a pas seulement pour motif la capture du beau-frère de Beterbemale, mais que toute la nation est sous l'influence d'un parent d'Iniquitribirim, le roi de Travancore, lequel est venu récemment au milieu d'eux, et les excite contrôles gens de Gomorin; mais notre intervention parait devoir être d'un grand poids auprès de ce sMgneur, et pourra l'empêcher de faire violence aux chrétiens, parce qu'il n'ignore pas que ces chrétiens jouissent d'une certaine estime de la part de son souverain, et sont l'objet de ses égards.

Mon espérance est conlBrmée par une nouvelle que m'a donnée Goelho dans la même lettre : que le roi de Travan-

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