II. — LETTRE TRENTE-DEUXIÈME
gagner le Portugal. On dit que l'un des deux est Portugais • de naissance et l'autre Italien; et le roi, dans les lettres qu'il m'écrit, fait un grand éloge de tous deux. Que Dieu daigne nous les amener sains et saufs ! Je ne les connais point, et ils [ne sont pas de ceux que nous avions laissés à Lisbonne. Plus de soixante jeunes sujets de notre Compagnie étudient les belles-lettres dans l'université de Coïmbre , et les nouvelles qu'on nous transmet des sentiments religieux, de la pureté de mœurs et des grands talents de tous ces jeunes gens nous donnent d'amples motifs d'adresser à la bonté divine des louanges et des actions de grâces iuËnies. La plupart sont nés en Portugal: ce dont je me réjouis singulièrement ; on nous donne aussi les plus heureuses nouvelles de nos confrères d'Italie. Je ne m'étends pas davantage à cet égard, parce que j'espère avant un mois me trouver avec vous , et alors je vous ferai lire toutes les lettres venues d'Europe.
Aussitôt après que vous aurez lu celle-ci , je vous prie avec les plus vives instances, au nom de tout votre amoujr pour Dieu Notre-Seigneur , et de votre désir de le servir, de vous mettre en mesure d'âUer visiter les nouveaux chrétiens, que j'ai récemment baptisés en grand nombre sur le littoral de Travancore, Dans chacun des villages, vous établirez une école, où les jeunes enfants en état d'être instruits se rassembleront tous les jours, sous la direction d'un maître chargé de les former. Pour les honoraires du maître et pour les autres frais de cette fondation , vous prendrez avec vous 150 fanons de l'argent réservé pour cet emploi. Vous répartirez cette somme enti-e les maîtres d'école des différents villages, lorsqu'ils se seront mis à l'œuvre, et qu'ils s'acquitteront régulièrement de leurs fonctions; et vous ne quitterez aucune place, sans laisser aux maîtres une portion de leur salaire, afin qu'ils continuent leur office avec un plus grand zèle, et qu'ils conçoivent le désir de nous prouver leur travail par le progrès des enfants ; et dans ce cas vous lem^ ferez espérer un accroisse-