LIVRE II. — LETTRE TRENTE-DEUXIÈJIE
navires qui feront voile pour le Portugal ; et comme il sait combien son retom' importe aux intérêts du service de Dieu, il reviendra bientôt vers nous, je l'espère avec confiance, de la divine miséricorde. Diogo qui demeure à Goa, dans le collège de Saint-Paul, est plein d'un ardent désir de venir ici. Le P. M. Diogo et dom Paul, ainsi que toutes les personnes du collège, sont en bonne santé. Je reçois du Portugal un grand nombre de lettres récemment apportées à Goa. Il s'y trouve un diplôme pour vous autoriser à recevoir le sacerdoce , même sans l'obligation de produire un titre de patrimoine en forme régulière , ou de prouver la possession d'un bénéfice ecclésiastique suffisant à votre existence ; mais je pense que vous n'avez pas besoin de cette autorisation ; car vous savez que le seigneur évêque est disposé, sans s'arrêter à ces considérations, à vous admettre au sacerdoce, ainsi que récemment il a fait en faveur des PP. Manoël et Gaspard, que nous avons en ce moment à Cochin, et qui partiront bientôt pour aller cultiver avec vous la vigne du Seigneur. Les lettres dont je vous ai parlé font connaître que deux confrères se sont embarqués en Portugal pour venir ici, et je suis très-inquiet de ne les point voir arriver; je crains qu'ils n'aient eu le contretemps d'hiverner à Mozambique, ou qu'ils ne se soient vus obligés, par l'effet de la mer et des vents contraires, de re-
vertuêïrx^ présumés, ainsi que lui, avoir été les disciples du B. Jean d'Avila. C'étaient, entre autres, Diogo de Borba, de qui nous avons parlé, Simon Vaz, vicaire de l'île du More (en portugais, le curé est nommé vigario, selon l'usage ancien de l'Église romaine), et martyr en 1535; François Alvarez, son coadjuteur, confesseur delà Foi. D, Miguel Vaz coopéra à la fondation du collège de Sainte-Foi de Goa.
Envoyé en Portugal, -en 1545, pour aller plaider, en présence du roi, en faveur des intérêts spirituels des chrétiens de Goa, il revint porteur d'ordres très-rigoureux adressés par le souverain à ses ministres , ce qui produisit d'abord de grands fruits.
Dom Miguel Vaz fut l'apôtre des Pallawars, sur la côte de la Pêcherie. Il y porta la foi dans trente villages, et y baptisa vingt mille personnes.
Ce saint prêtre mourut à Chaûl, ville des Indes, entre Goa et Diu, en 1548^ non san3 soupçop de poison de la part des infidèles.