LIVRE III. — LETTRE TROISIÈME
de son ambassadeur à Rome. J'ai écrit il y a plusieurs années , et j'écris encore cette année même au P. Ignace, afin qu'il obtienne du souverain pontife, en faveur du principal autel de l'église de Goa, qui sert aux membres du collège de Sainte-Foi , le double privilège dont sont revêtus plusieurs autels à Rome , où toutes les fois qu'un prêtre offre le sacrifice de la messe , il délivre une âme des feux du purgatoire. Si vous pouvez contribuer pour la moindre part à l'accomplissement de ce vœu , vous aurez acquis des droits singuliers à la reconnaissance du gouverneur qui sollicite cette grâce avec instance, et de ce vénérable collège, ainsi que de ses fondateurs, si dignes de voir se réaliser leurs désirs. -
Envoyez-nous un grand nombre de sujets dans les Indes. Plus il en viendra, et plus se'dilateront les limites de la sainte église. Connaissant par expérience quel dommage ici occasionne la pénurie d'hommes de zèle et de dévouement, en vue de l'extension de notre sainte foi et de la religion de J.-C. N.-S., j'insiste sans cesse, afin que des ouvriers soient envoyés vers cette moisson qui blanchit.
Dieu, qui pénètre le fond des âmes , sait quel est mon désir de vous voir, et combien j'éprouverais de joie à vous serrer dans mes bras et à m'entretenir avec vous. Vous le devez à vos vertus, et aux autres dons que Dieu a répandus en vous avec plénitude, et l'espérance d'en jouir, par un commerce actuel et présent , me rend vStre personne infiniment plus désirable. Si notre réunion devait s'accorder avec Fintérêt d'un devoir plus utile, ou du moins égal, envers Dieu, de quelles délices il me remplirait, avec quel ravissement je vous consacrerais mon obéissance : Dieu seul, pour qui tous les secrets des cœurs sont à découvert, en a la véritable connaissance.
Ne permettez pas qu'aucun de vos amis soit envoyé dans les Indes, avec la charge d'y gérer les finances et les afî'aires de S. M. C'est des personnes revêtues de ces fonctions que l'on doit entendre ce qui est écrit: a Us seront