LIVRE III. — LETTRE CINQUIÈME
visiterez continuellement toutes les églises, ainsi que je faisais, lorsque j'étais en ce pays. Soyez convaincu, qu'en agissant ainsi, vous acquerrez des mérites infinis devant Dieu. '
Étant à Mânapa1*é , j'ai appris le dommage éprouvé par l'église de cette place, et je me suis rendu compte exactement des sommes qui seraient nécessaires pour sa réparation. On demandera cette somme à Diogo Rebello , entre les mains de qui j'ai déposé 2,000 fanons, que m'avait donnés le roi de Travancore, pour l'édification d'églises chrétiennes dans ses États, Le P. François Coelho a dépensé déjà quelque chose de ces fonds : lui-même vous fera connaître à quoi se montent ses dépenses. Les autres 2,000 fanons conservés par Joam da Cruz, vous les consacrerez en entier aux écoles et aux maîtres. Et ainsi qu'il me semble ne vous avoir jamais assez recommandé de le pratiquer avec une patience et un zèle à toute épreuve, je vous recommande encore très-vivement de faire incessamment la revue de tous les villages , de ne jamais manquer d'y annoncer la parole divine et d'y administrer les sacrerv ments, partout où vous le verrez nécessaire à ces chré^^t tiens; je ne vous recommande pas seulement les laïques ,*: mais les prêtres et les clercs ordonnés parmi les Malabares; examinez avec soin leur manière de vivre, donnezleur de sages avis, et employez les voies qui vous seront indiquées par les circonstances, afin de les faire vivre dans la piété et la chasteté, exerçant leur ministère pour la gloire de Dieu, et donnant au peuple l'exemple salutaire de leur innocence et de leurs vertus.
J'oubliais, à l'égard de Joam de Lizana , de vous avertir de déduire sur la somme qu'il a entre les mains, et que vous devez lui redemander, cent fanons qu'il m'a prêtés lorsque vous étiez à Punicale, et que j'ai employés pour les frais ordinaires des églises et des écoles chrétiennes. Vous devez donc retrancher cette somme du montant des fonds destinés aux dépenses des écoles ; du reste, je vous