LIVRE m. —LETTRE CINQUIÈME
lui faire part de ma résolution , et de lui demander des lettres de recommandation auprès du gouverneur de Malacca, contenant l'invitation de nous, assister et de nous favoriser de tout son pouvoir, et dans l'étendue de nos besoins, pour nous mettre à môme de servir efficacement Dieu Notre-Seigneur dans la conversion de ces peuples. Si tout se réalise au gré de mes desseins, et que mon voyage à'Macassar soit devenu nécessaire , je ne monterai pas sur le navire avant de vous avoir écrit de Malacca même, et de vous avoir informé de toutes mes affaires.
Cependant, je vous prie de ne vous point lasser, de ne point perdre courage : ne ralentissez point vos efforts dans l'œuvre si lente et si laborieuse du ministère apostolique parmi ces populations ignorantes. Visitez assidûment tous ces villages, prêchant chaque jour au peuple, et surtout veillez diligemment à ne laisser, en aucun endroit, dçs enfants nouveau-nés sans les régénérer par le baptême. Apportez une singulière attention , dans toutes les localités, à ce que les enfants soient instruits, dans des écoles quotidiennes, de la doctrine chrétienne , et mettez votre sollicitude à faire accomplir très-exactement leur devoir par les iMîtres qui seront nommés.
Vous recevrez de Joam da Gruz (1), 2,000 fanons, somme qu'il a réunie pour être consacrée aux frais de l'instruction des enfants ; vous réclamerez aussi la somme destinée au même emploi et que vous avez laissée entre les mains du P. Joam de Lizana ; et, partout où il sera nécessaire, vous instituerez des écoles nouvelles, et vous remettrez les anciennes en bon ordre; que toute votre application se porte à faire enseigner, assidûment et universellement, les éléments de la doctrine chrétienne , et les prières que l'on doit posséder de mémoire, à tous les jeunes enfants dans les villages et les hameaux de tout ce littoral. Vous n'établirez votre demeure en aucun endroit, et vous ne séjournerez nulle part; vous
(1) SeigneurMalabar,très-zélépourlareligion,créé chevalier par Jean HI.