‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 237 sur 759 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

LETTRE SIXIEME

cru devoir surseoir à la guerre jusques après la restitution de leur propriété : c'est ainsi que les ordres du gouverneur n'ont point reçu leur accomplissement ; mais ils lé 'recevront , s'il plaît à Dieu. ' " '^^•

J'ai séjourné quelques jours à Négapatam. Enfin, lèvent, qui était contraire à mon retour, a changé la direction de mon voyage : prenant conseil des événements, je me suis rendu dans la ville de Saint-Thomas (1). Dans ce vénérable sanctuaire de l'apôtre, je ne cessai d'implorer Dieu par les plus ferventes prières, afin qu'il daignât me découvrir sa volonté, car j'étais résolu sincèrement à l'accomplir avec plénitude. J'espérais de même que celui qîii donne la voLoJitéj me donnerait le pouvoir d'accomplir celte volonté (2). En effet, dans son infinie miséricorde. Dieu daigna se souvenir de moi. Ce fut avec une joie infinie et qui pénétra toute mon âme, que je reconnus que Dieu m'appelait à Malacca, et de là à Macassar, où un grand nombre d'indigènes se sont récemment convertis à J.-C. , afin d'y confirmer ces néophytes dans la foi qu'ils ont embrassée. J'ai fait traduire en leur langage, avec de courtes explications, les éléments et les préceptes de la religion chrétienne. N'est-il pas en effet bien naturel que ceux-là qui se sont

(1) L'ancienne Calamine, appelée, parles indigènes, Méliapour ou la ville du Paonj à cause de sa beauté et de sa prééminence entre les autres cités des Indes, fut nommée, par les Portugais, la ville de Saint-Thomas, en mémoire de l'apôtre dont elle possédait les reliques ; nous avons raconté la découverte des ossements du saint, et des empreintes de son sang.

L'authenticité de ces reliques fut confirmée par d'éclatants miracles.

La prédication de saint Thomas dans les Indes a laissé, dans ces contrées, des traces qui ont survécu à la cité de Méliapour, car cette place n'est plus aujourd'hui qu'un amas de ruines, au milieu desquelles est Ja chapelle du saint.

A 200 lieues de cette ville,* sur la côte du Malabar, dans les provinces de Travancore, de Cochin et d'Âugamale, on renconlro des cluétiens qui font remonter leur origine à l'apÔtre saint Thomas.

Saint-Thomas de Méliapour fut érigé en évcché en IGOC, mais le schisme portugais fit supprimer le siège en 18-38. -

(2) Philipp. n, 13. w^. '. •

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