‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 244 sur 759 · LIVRE III. — LETTRE liVEUVlÈME · texte numérisé non relu

LIVRE III. — LETTRE liVEUVlÈME

par le P. Commandeur (1), je vous ai longuement raconté les dispositions que je faisais pour entreprendre le voyage de Macassar; mais des nouvelles plus récentes nous ayant fait connaître que les affaires n'y étaient point aussi favorables que nous l'avions d'abord espéré, je ne m'y suis point rendu; à cette heure, j'incline à partir pour Amboino (2), ou un grand nombre d'indigènes sont déjà chrétiens, et où le naturel docile des autres habitants sembl promettre d'abondantes conversions à l'Église. Je vous écrirai de ce pays ce que moi-môme j'aurai vérifié de son état présent, et de la disposition des indigènes à embrasser la foi, du fruit enfin que l'on peut se promettre dans les travaux qui s'y accompliront. D'après l'expérience que je me suis déjà formée touchant la situation du cap Comorin et de Goa, et d'après celle, qu'avec l'assistance divine, je dois acquérir à Amboine et aux Moluques, lorsque j'aurai visité ces contrées, je vous écrirai queUe est celle de ces régions où vous pourrez plus utilement employer vos efforts, pour le plus grand avantage du service de Dieu. A cette heure , je vous prie , mes très-chers P. Jean de Beira et Antonio Criminale, aussitôt après avou" eu connaissance de cette lettre, de vous disposer à vous rendre sans retard au cap Gomorin , où vous serez plus utiles au service de Dieu qu'à Goa même; vous prendrez h Goa, s'il y est, pour vous accompagner, le P. François de Mancias ; il connaît parfaitement le pays de Gomorin, et vous apprendrez de lui comment vous y devez vivre et

(1) Nous ignorons quel était ce titre, et quelle fonction il représentait.

(2) Amboine. La plus considérable des îles aux Épices, vers le 3" 40' S., fut découverte, en 1515, par Antoine d'Abreu, l'un des capitaines du grand Albuquerque. La même année, les mahométans y abordaient.

Après saint Fr. Xavier, entre les années 1558 et 1562, le roi de Ternate persécuta violemment les chrétiens, et fit de nombreux martyrs parmi les néophytes mêmes du Saint. Six cents victimes périrent pour la foi dans d'affreux supplices; plusieurs de ces martyrs furent rôtis et mangés.

En 1504, les Portugais devinrent les maîtres d'Amboine, que les Hollandais leur enlevèrent en ICOT.

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