‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 264 sur 759 · LITRE IV. — LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LITRE IV. — LETTRE PREMIÈRE

ces navires nous a occasionné une si grande affluence d'occupations spirituelles, par la nécessité d'entendre les confessions, de prêcher en public, et d'assister les malades etles mourants, que le temps me manquait absolument pour satisfaire à toutes ces œuvres. J'ai pu me faire une idée du caractère et des dispositions des habitants; et j'ai conçu l'espérance de voir, au retour du seigneur de l'île, — c'est un Portugais d'un rang élevé, très-afïermi dans sa religion, qui commande à cette heure la citadelle du roi de Portu- ^ aux Moluques, — de voir, dis-je, des fruits spirituels Sondants couronner nos efforts (t). . •

A 4 milles environ d'Amboine, est l'île du More (2), où

(1) jDaiis les dernières années, Temate avait eu pour gouverneur un des plus grands hommes dont s'honore le Portugal, Antonio Galvam, guerrier, législateur, et, surtout, chrétien plein de zèle; il vainqutt le roi de Tidor, régénéra la contrée qu'il gouvernait, et fonda, dans Temate, le premier collège indien ; il refusa la souveraineté que lui voulaient déférer les populations reconnaissantes, et revint à Lisbonne, où il ne trouva que la disgrâce et la pauvreté. Il fut obligé, pour vivre, de servir les malades dans l'hôpital, et, après quatorze ans passés dans cet humble emploi, il y mourut. Mémorable exemple des vertus les plus héroïques en même temps que les plus saintes !

Antoine Galvam écrivit un b<|au livre sur les premières d^overtesdes • Portugais, sous le titre - de : 3?raïado dos descobrimentos anUgos^^e modernos.

A Temate et à Tidor, on répétait, longtemps après sa mort, des .<^ants populaires composés en son honneur. "**)'■ ^

(2) More (Ile du), à 68 heues E. de Temate. — Sa capitale était Momoïa. Le roi de l'île de More avait reçu le baptême, à la persuasion de Gonzalo ; Velozo, marchand portugais, et avait appelé dans ses États Simon Vaz, prêtre séculier, qui, avec l'assistance d'un autre prêtre, nomnié Françoi%, Alvarez, baptisa un grand nombre d'indigènes. Mais les actes tyïanniques > des Portugais furent l'occasion d'un massacre général, dans lequel Simott^'J" Vaz périt, victime de son dévouement apostolique envers ses néophytes.; ^' François Alvarez, couvert de blessures, gâârint à s'échapper. Depuis cefu- ' neste événement, -qui avait eu lieu en 1535, parmi les chrétiens de Momoïa, les uns avaient apostasie, et les autres avaient insensiblement perdu la Foi.

L'île du More fut , ainsi que nous le verrojQs, l'une des chréj^entés les plus précieuses à notre Saint. -^-f

En 1562, un de ses indigènes, baptisé des propres maiss de saint Fr. Xavier, sous le nom de François Moro, mourut martyr à Amhoine, où les événements l'avaient conduit. / ' ' "

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