LIVRE IV. — LETTRE DEUXIÈME
vivent de nombreux chrétiens, entièrement ignorants des vérités et des préceptes de la religion chrétienne. Je vais me rendre dans cette fle , afin de pourvoir au salut de tant d'âmes : en effet, j'ai la persuasion que je dois m'efforcer, au pérU de ma vie méiiie, de les arracher à la mort éternelle. Je suis résolu d'aller au-devant des dangers de mort, même les plus évidents : j'ai mis toute mon espérance en la divine Providence, et je veux obéir à la parole de l'ÉvangUe : Celui qui aura voulu sauver son âme, ta perdra; mais celui qui L'aura "perdue à cause de moi 3 la trouvera (1).
Croyez , mes bien-aimés frères , que les expressions^cle cette sentence, qui paraissent en général d'un sens si lumineux, perdent si absolument leur lumière, et deviennent si impénétrables, lorsque; l'heure est venue <îe se résoudre à donner sa vie pour Dieu , que celui-là seul g^ conserve l'intelligence , à qui Dieu lui-même les a rendues sensibles, par un effet de sa miséricorde. C'est dans ces instants-là que se découvrent toute la faiblesse et l'infirmité de notre nature. ,.]t^^S-^^ --- ^
Que Dieu donc, dans sa miséricorde, nous donne, en de pareils moments et dans de pareilles épreuveSj'^le secours tout-puissant de sa grâce, afin devons faire glorieusement affronter le combat et de nous, y rendre vainqueurs !
Qu'il daigne lui-même demeurer toujours avec nous! Amen.
D'Amboine, le 8 mai 1546,
François.
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An P. Pwi^ de Xamerlno.
Que la grâce, etc. -{t^ïï ^' '"
O mon cher Paul, la prière que je vous ai souvent adressée, de parole ainsi que par lettres, je vous la renouvelle
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