‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 271 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME

A la Compagnie, à Rome.

Que la grâce etc. -f *

Je vous ai écrit il y a un an que deux princes dé l'île de Macassar, et un grand nombre de leurs sujets , avaient fait profession de la religion clirétienne. J'ai pensé que ce serait l'occasion d'opérer de grands fruits , et j'y ai vu l'entrée ouverte à la propagation de l'Évangile parmi les contrées environnantes: plein d'empressement, j'ai quitté le cap Comorin pour aller visiter ces rivages. Macassar est éloigné de Comorin de plus de 900 lieues. Avant de nous embarquer, j'ai eu soin de ne point laisser les chrétiens de Comorin dépourvus des secours nécessaires pour la pratique de leur culte et la conservation de leur piété. Je leur ai donné pour les conduire cinq prêtres, François de Mandas, de la Compagnie, trois prêtres indigènes, et Jean de Lizana, originaire d'Espagne. Les chrétiens de l'île de Ceylan, voisins du cap Comorin, sont parfaitement dirigés par deux Franciscains et par deux prêtres séculiers. Ces deux églises n'ont donc aucun besoin de mes travaux, et les autres chrétiens, qui résident dans les places portugaises, sont instruits par les vicaires de l'évêque de Goa.

Dans la pensée, que mes soins étaient inutiles dans les Indes, je me suis rendu à Méliapour, qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Thomas, afin d'aller de ce port à Macassar. C'est là que j'ai fait la rencontre d'un marchand, qui me supplia d'entendre sa confession. Après avoir accompli ce devoir , il se sentit si vivement touché de la grâce divine , qu'ayant le lendemain distribué aux pauvres la somme provenue de la vente de ses marchandises et de son navire, il voulut prendre pour exemple la nudité de Jésus -Christ, et le suivre , et il se donna à moi pour être mon compagnon.

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