‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 272 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE QUATRIÈME

Ayant mis à la voile, nous vînmes ensemble à Malacca, cité fameuse du roi de Portugal. Le gouverneur m'apprit que récemment il avait envoyé à Macassar un prêtre de grande vertu , et des troupes en nombre suffisant pour protéger les nouveaux chrétiens, au cas où ils seraient inquiétés. Il me conseilla de demeurer à Malacca jusqu'après le retour du bâtiment qui les avait portés , et qui nous apprendrait des nouvelles sur l'état de la religion dans cette contrée. Déférant à l'avis du gouverneur , je demeurai plus de trois mois à Malacca. Pendant cet intervalle , je ne manquai point des occasions de faire du bien. Les jours de fête et les dimanches, je prêchais au peuple dans l'église; j'employais le reste du temps à entendre les confessions et à consoler les malades , au milieu desquels je résidais à l'hôpital. J'enseignais aux néophytes, et surtout aux enfants, les éléments de la doctrine chrétienne ; je travaillais à réconcilier ensemble les soldats et les habitants de la ville j qui se trouvaient en hostilité violente. Tous les jours après le coucher du soleil, je parcourais la ville en agitant une clochette , afin d'avertir les habitants d'implorer la divine miséricorde , en faveur des âmes qui sont éprouvées dans les feux du purgatoire. Souvent les enfants me suivaient au sortir du catéchisme , et ce concours produisait un grand effet dans la cité.

Mais lorsque je vis que les vents favorables pour revenir de Macassar avaient cessé, et qu'il ne venait aucunes nouvelles du prêtre et des soldats qui y avaient été envoyés, je ne crus point devoir m'arrêter plus longtemps, et quittant Malacca, je fis voile pour les Moluques. Le roi du Portugal possède aux Moluques une place forte, appelée Ternate, dans la partie la plus éloignée des Indes. A environ 200 miUes de cette place, et dans la partie la plus rapprochée, se trouveAmboine,îleassez peuplée d'indigènes et d'étrangers. Le roi de Portugal a fait don de cette île à un seigneur portugais, illustre par ses vertus et sa piété, qui doit, dit-on, venir s'y établir avant deux ans avec sa

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