LIVRE IV. — LETTRE SEPTiÈME
de VOUS laisser décourager de l'entreprise, car la première et la principale difficulté réside en nous-mêmes. Nous devons donc d'abord nous préoccuper de nos concitoyens, et après eux , des infidèles. Je vous prie, au nom de Dieu , de faire tous vos efforts afin que dans un an nous voyions arriver de bons prédicateurs.
Je ne vous écris rien des aflaires des Indes, parce que je suis revenu seulement il y a 8 jours, de Malacca aux Indes, et je ne sais presque rien encore de ces affaires; cependant il y a des motifs de s'affliger dans les nouvelles que j'ai .^ reçues. Mes comparons , je pense , vous en écriront tous ' les détails. Ceux de nos frères que vous destinerez pour la conversion des infidèles, devinent être tels , qu'ils puissent avec confiance être envoyés seuls, ou en compagnie cîe confrères , partout où il sera nécessaire , aux JVIoluques , en Chine , au Japon , au Pégou , ou ailleurs. Auprès des peuples de ces contrées, des hommes sans grande science, mais d'une éminente vertu , pourront rendre d'immenses services à la cause de Dieu.
Il est un conseil, qu'en raison de ses nombreux et considérables bienfaits envers notre Compagnie , je voudrais faire parvenir au roi de Portugal, qu'intéresse en premier lieu le salut de ses sujets, et ensuite celui des infidèles qui vivent dans ses domaines étrangers^ Je désire que S. M. , pour servir les intérêts de la religion, et acquitter les obligations spirituelles de son âme, envoie dans toutes les places des Indes occupées par des garnisons portugaises , des prédicateurs habiles, soit de notre Compagnie , soit des religions de St-François ou de St-Dominique (1), qui, libres d'autre soin, puissent, les dimanches et les jours de fête, prêcher les vérités de l'Evangile , avant midi pour les Portugais, et le soir pour leurs serviteurs, et qui soient en
(1) Douze Dominicains passèrent à Goa, en 1545, sous la conduite du P. Diogo Bermudez. Ils fondèrent d'importants établissements dans Ie.s Indes. Le P. Diogo Berniudez mourut en 1560.— Nous avons lîéjfi parlé des Franciscains.
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