LIVRE IV. — LETTRE SEPTIEME
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état d'expliquer les articles de la Foi aux néophytes indigènes. Ils devront également prêcher une fois la semaine , pour les épouses et les enfants des Portugais, sur les articles du synxbôle, et sur les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. J'ai appris par expérience combien l'institution de ces pratiques est nécessaire en ces contrées.
Si je croyais que le roi ne fût point offensé de mes fidèles et dévoués conseUs, je lui donnerais l'avis bien salutaire de méditer tous les jours, durant un quart d'heure, sm* cette parole divine : « Que sert à L'homme de gagna- le monde entier, s'il vient à perdre son âme (1)? » Il en deman-^* derait à Dieu la véritable intelligence, et les sentiments intérieurs qui doivent en être le fruit; enfin toutes ses prières auraient pour conclusion cette maxime : que sert à l'homme de gagner le monde entier, etc. Il est temps dc porter la lumière dans l'esprit de S. M., car l'heure est plus prochaine qu'il ne pense où le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, l'appellera devant son trône pour y rendre compte, et lui fera entendre cette formidable parole : Rends le compte de ton administration. Faites donc en sorte qu'il nous donne toute l'assistance qui nous est nécessaire pour la propagation de la Foi dans les Indes.
L'unique et efficace moyen, d'après mon expérience, de propager la religion dans les Indes, est que le roi déclare par un édit, à tous ses officiers dans les Indes, qu'il n'a confiance en personne , que dans les hommes qui s'eflbrcent de tout leur pouvoir d'étendre le règne de la religion. Et qu'il leur ordonne positivement de s'occuper avec zèle de multiplier les chrétiens au cap Comorin, afin d'attirer l'île de Ceylan à la foi de J.-C. ; de rassembler de tous côtés des personnes pieuses, afin d'en être secondés, et de se servir pour le ministère évangélique, tant des sujets de notre Compagnie que de tous ceux qui leur paraîtront propres à propager la religion. Si les gouverneurs se montreiitiaibles
(1) Malt., XVI, 20.