LIVRE IV. —LETTRE HUITIÈME
curiosité par des réponses concluantes, et en menant une vie pure et supérieure à toute critique de leur part, après s'être eux-mêmes éclairés et instruits , ils attireraient infailliblement à Jésus-Christ leur souverain et toute sa noblesse, ainsi que tous leurs concitoyens : car le caractère de la nation était de suivre les conseils de la raison. '^
Le marchand portugais j mon ami, qui a séjourné longtemps au Japon, m'a aussi laissé des mémoires rédigés avec soin, et contenant la description du pays et des mœurs des habitants, avec tout le détail des choses qu'il a observées lui-même, ou connues par des rapports dignes de foi. Je vous envoie ces mémoires avec ma lettre. ■ -
Tous les marchands portugais; qui reviennent du Japon me garantissent que si je fais ce voyage, j'y emploierai mes efforts plus heureusement encore que dans *les Indes; que je dois, en effet, m'y trouver en rapport avec un peuple docile aux inspirations de la raison. ; •
J'ai le secret pressentiment qu'avant deux ans je dois aller au Japon, ou bien quelque autre de la Compagnie ira en ma place. Il est vrai, le voyage offre des dangers, en raison des tempêtes si terribles de ces mers, et des brigandages des pirates chinois, ce qui fait qu'un grand nombre de vaisseaux périssent soit par la mer, soit par les pirates.
Mais j'attends de vous, mes pères et mes frères bienaimés, que vous demanderez à Dieu notre conservation dans un voyage qui a été fatal à tant de persones. Pendant ce temps, Anger apprendra plus à fond la langue portugaise ; il aura connu la puissance des Portugais dans les Indes, l'industrie européenne et notre manière de vivre : il se préparera dignement au baptême, et me secondera pour traduire en japonais le catéchisme et une explication étendue de la vie de J.-C, s'il possède, en effet, le talent d'écrire dans sa propre langue.
Voici le huitième jour depuis mon arrivée aux Indes, et je n'ai pu voir encore mes frères. Aussi ne puis-je rien vous écrire touc|i^nt les fruits recueillis durant mon ab-
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