‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 307 sur 759 · LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LETTRE HUITIÈME

marchands lui avaient donné le conseil de se rendre près de moi à Malacca. Il avait suivi leur avis et s'était embarqué sur leur navire; mais au moment de son arrivée à Malacca, je me trouvais aux Moluques. A cette nouvelle, il reprit avec un vif regret le chemin de son pays. Il était déjà en vue du Japon, lorsqu'une tempête s'étant soudainement déclarée rejeta le vaisseau , non sans de grands périls , vers les côtes de Malacca. Il y apprit alors mon retour , et vint me trouver avec un grand désir de s'instruire dans la religion chrétienne. Il a quelque connaissance de la langue portugaise , et nous pûmes nous entendre sans le secours d'un interprète. Si les autres Japonais ont la même ardeur pour s'instruire , il est évident qu'ils surpassent en intelligence toutes les nations découvertes jusqu'à ce jour. Lorsqu'il assistait à l'explication du catéchisme , il transcrivait avec soin, sur un livre , les articles du Symbole. Souvent aussi dans l'église, au milieu du peuple , il récitait de mémoire les leçons qu'il avait apprises, et faisait des questions nombreuses et pleines d'intelhgence, tant était grand son désir de s'instruire, ce qui est le secours le plus puissant de tous pour arriver à la connaissance de la vérité. Le huitième jour après son arrivée à Malacca, il se rendit dans l'Inde. Je désirais lui faire prendre le navire où j'étais moimême ; mais ses relations avec les autres Portugais qui faisaient la même route, ne lui permirent pas de se séparer d'amis si dévoués et qui lui avaient rendu de si grands services. Je l'attends à Cochin avant dix jours.

Je demandai à Anger si, dans le cas où je l'accompagnerais au Japon, U présumait que les habitants embrassassent la religion de J.-C. ; il me répondit que ses compatriotes n'accordaient pas de suite leur assentiment à tout ce qu'on leur annonçait, mais qu'ils feraient sans doute un grand nombre de questions, afin de connaître les dogmes que j'apportais; qu'ils considéreraient surtout si mes actions étaient d'accord avec mes paroles; si je les satisfaisais à ces deux égards , en contentant lem^ juste

wm

iMiiniiiiiiii

Page 1