‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 336 sur 759 · LIVRE IV. —CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQUOIS · texte numérisé non relu

LIVRE IV. —CATÉCHÉTIQUE AUX MOLUQUOIS

p-dnoncer îé jugement en la cause de tous les hommes, et son dernier avènement a été annoncé par les anges, au jour de son ascension de la terre au ciel. Il ouvrira les suprêmes assises, où tous les hommes qui auront existé dans tous les temps et dans tous les lieux, seront cités judiciairement devant l'inexorable tribunal de l'Arbitre tout-puissant, à qui rien n'est caché ; il leur sera demandé, et ils devront y répondre, s'Os ont cru aux dogmes proposés par l'Église, et s'ils ont observé les Commandements divins. Ceux qui auront accompli ces deux principaux devoirs seront admis dans la gloire du Paradis : ceux qui auront refusé de croire, tels que les mahométans, les juifs et les gentils, seront la proie des flammes éternelles, où il n'y a plus de rédemption : ceux qui auront professé la Foi, tels que les mauvais chrétiens, et qui auront négligé d'obéir aux préceptes du Décalogue , seront de même condamnés aux flammes éternelles, par l'arrêt irrévocable de Jésus-Christ. Avant ces événements , et aux approches de la fin du monde, tous les hommes alors vivants devront mourir; car la mort est une dette de nature dont aucun homme ne peut être affranchi: tout homme reçoit la vie sous cette loi de cesser de vivre un jour, et si Jésus-Christ lui-même, le Fils de Dieu, n'en a point été exempt, il est évident que ce serait une téméraire et folle espérance en tout homme, que de se promettre le privilège de ne point mourir. Au reste, Jésus-Christ n'est point mort pour lui-même, mais à cause de nos péchés , et bientôt il est ressuscité par sa propre vertu , pour nous confirmer par sa résurrection dans l'espérance de notre résurrection future, et tempérer par son exemple , en faveur de ses pieux et fidèles amis , l'épreuve douloureuse et la nécessité de la mort. Ainsi tous les hommes , les plus saints même et les plus parfaits, qui pourront exister en ce monde, lorsqu'il sera près de son dernier terme, n'entreront point, sans payer le tribut à la mort , en possession du bonheur qu'ils auront espéré et; mérité ; eux aussi goûteront premièrement la mort , avant

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d'être rendus à la vie > avec les autres hommes , et de reprendre chacun les corps dont ils étaient revêtus pendantleur existence, mais des corps embellis et comme transfigurés par les attributs des êtres bienheureux ; et ils entreront aiisi dans la plénitude de la félicité promise. ^'

Lorsque Jésus-Christ descendra du ciel pour exercer le ju^ment suprême, tous les hommes, depuis le premier jusqu'au dernier, étant morts, resusciteront tous, et seront jugés par lui , les bons comme les méchants : mais une différence inÇnie, et qui devra durer dans l'éternité des âges, les divisera : les bons seront appelés à l'éternel bonheur, et les méchants seront précipités dans une mort et dans des supplices étemels. ^ ■^ i "^

C'est cette vérité dont saint Philippe a fait profession , en ces paroles : « Je crois en Jésus-Christ , qui descendra du ciel pour juger les vivants et les morts, n " ^

Chrétiens , en nous signant du signe de la Croix , nous faisons profession de notre Foi sincère en la Très-Sainte- Trinité. Or, ce mystère est celui-ci : nous croyons et nous adorons un seul et unique Dieu, en trois personnes. La première personne est Dieu le Père , qui n'est ni fait, ni créé, ni engendré: la seconde personne est Dieu le Fils, qui n'est ni fait, ni créé, mais engendré de Dieu le Père : la troisième personne est Dieu le Saint-Esprit, qui n'est ni fait, ni créé , mais qui procède du Père et du Fils. C'est ce que nous confessons , toutes les fois que nous nous signons, en exprimant, par les mouvements de la main, la forme d'une croix ; car nous mettons la main droite au front , et nous prononçons au nom du Père, indiquant par là même que Dieu le Père n'est ni fait ni créé. Abaissant ensuite la main vers le bas de la poitrine, et proférant ces paroles : et du Fils, nous entendons exprimer que Dieu le Fils n'est ni fait ni créé , mais engendré de Dieu le Père. Enfin nous étendons la main à l'épaule gauche, disant dans le môme temps : et du Saint , puis la ramenant à l'épaiîle droite, et disant le mot Esprit; et nous décla-

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rons ainsi que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.

Telle est la Foi que tout bon chrétien doit tenir, et confesser sans hésitation et sans crainte, croyant, adorant et glorifiant le Saint-Esprit , consubstantiel au Père et au Fils, et qui procède de tous deux ; qui par ses saintes inspirations nous détourne du péché, et excite nos cœurs à l'observation des dix Commandements de la Loi de Dieu Notre- Seigneur , et des préceptes de notre sainte mère l'Église catholique ; et elle nous porte à la pratique des œuvres de miséricorde, dans l'ordre spirituel et dans le temporel.

Saint Barthélémy a professé cette doctrine sur la divinité du Saint-Esprit , en ces paroles : (( Je crois au Saint- Esprit. »

Nous tous qui avons embrassé la religion chrétienne, et qui avons résolu d'en observer les devoirs et d'en pratiquer la Foi, non-seulement nous devons croire sans hésiter comme des vérités nécessaires au salut, tout ce qu'ont cru touchant Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, les apôtres, les disciples, les martyrs et les saints ; mais nous sommes aussi dans l'obligation de nous cont; vaincre, d'une manière absolue, qu'il a institué sur la terre l'Église catholique, dont les chefs sont dirigés par l'Esprit- Saint; et il ne nous est permis en aucune façon dé révoquer en doute le devoir d'observer ce qu'ils prescrivent, la vérité et la légitimité de ce qu'ils proposent pour être cru. Ainsi, dans toutes les décisions émanées de leur consentement universel , touchant ce que l'on doit accomplir ou éviter, comme dans toutes les définitions, fruit de leurs sages conseils, au sujet des dogmes antiques, ou des discussions nées touchant ces dogmes, ils possèdent l'assistance du Saint-Esprit qui leur a été promise, et qui ne leur permet point de tomber dans l'erreur. Ainsi les sacrés canons des Pères , les décisions des conciles , et les décrets universels des souverains pontifes , qui sont publiés par les cardinaux , les patriarches , les archevêques ^les

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évêques , et les autres autorités de l'Église , doivent être reçus de nous , avec une vénération empressée , une soumission absolue et une entière obéissance : et nous devons être parfaitement convaincus que ces prescriptions et ces enseignements émanent de l'autorité et de la sagesse du Seigneur Jésus-Christ, qui continue à gouverner son Église, par l'entremise des Ministres qu'il a mis à sa'place^ et qui la dirige dans cette voie, vers la fin qu'il a déterminée pour elle, et qui est le salut éternel. ;

C'est ce dont a voulu nous laisser le témoignage le saint apôtre et évangéliste Matthieu, quand il a dit: a Je crois à la sainte Eglise catholique. »

Et nous croyons aussi de la manière la plus absolue, afin de ne pas être infidèles au titre de chrétiens, qui est le nôtre, que le mérite des œuvres héroïques que Jésus-Christ a accomplies durant sa vie mortelle, tant par ses actions que par ses souflrances, par obéissance à son Père, et dont il a formé comme un trésor immense pour le salut des hommes, sopt communiqués et profitent, par une influence intérieure , à tous les véritables chrétiens, demeurés fidèles à la grâce de Dieu. De sorte que, comme dans un corps naturel, les membres se communiquententre eux les qualités propres à chacun, et que la force vitale qui émane principalement de la tête se répand également en toutes les parties du corps ; ainsi, dans le corps mystique de l'Église, dont Jésus-Christ est le chef et la tête, tous les membres, c'est-à-dire l'universalité des fidèles, puisent l'aliment essentiel qui leur communique la vie et l'accroissement, en Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, dont ils dépendent, ainsi que de leur chef; or cette substance intime, et cet aliment céleste, se répandent principaleioent par le canal des sept Sacrements, qui sont : le Baptême, la Confirmation ou le Saint-Chrême, l'Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême- Onction , l'Ordre et le Mariage ; ceux qui s'approchent de ces sacrés mystères avec les dispositions requises, reçoivent la grâce habituelle, ou l'accroissement de cette

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