LIVRE IV. — CATÉCHÉTI^E AUX MOLUQUOIS
flamme inextinguible, les satisfactions, fruit de leur concupiscence; et que, même tardivement, Us comprissent quel crime est celui d'une vile créature qui ose mépriser et irriter la majesté d'un Dieu souverainement adorable. Par ces raisons , tous les hommes , bons et méchants, resussciteront en ce jour dn jugement suprême, et leurs âmes revêtiront les mêmes corps qu'elles avaient reçus dans leur naissance, et qu'elles avaient animés jusqu'au temps de leur mort; elles leur seront à jamais unies par des liens indissolubles, pour aller, avec ces corps, selon les mérites de leur existence, ou au ciel, pour régner avec Jésus-Christ dans la gloire du Paradis, ou aux enfers, pour partager le désespoir du démon. :*'
C'est ce qu'a entendu confesser saint Thaddée en disant : « Je crois à la résurrection de la chair, » -^^ "
Mais comme notre âme , créée à l'image et à la ressemblance de Dieu tout-puissant, en tant que nature spirituelle, est douée de facultés qui représentent les perfections divines, c'est-à-dire la volonté, l'intelligence, la mémoire, et qu'elle a, dès son origine , le désir , qui lui est inspiré par son Créateur, de s'unir à celui dont elle est l'image; on ne saurait penser que ce fût en vain que le Créateur aurait mis, en sa noble créature, une inclination si grande et si sublime. Nous devons bien plutôt être convaincus, avec tous les chrétiens, que, par le secours divin, l'âme humaine, à moins qu'elle ne s'en rende indigne, verra ses vœux accomplis, et qu'elle jouira de la possession du souverain bien, que nous appelons la vie éternelle ; que même avant la résurrection générale , les âmes qui au moment de la mort se trouveront en état de grâce, et pleinement purifiées des vestiges du péché, entreront en possession de la félicité suprême, et seront dès lors admises à contempler Dieu et à jouir de lui.
Le temps viendra où les âmes reprendront leur corps, ^ dans un état bien plus parfait que celui où il avait été durant la vie mortelle; et après cette réunion, elles goûteront
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LIVUE IV. — CATÉCllÉTIQUE AUX MOLUOUOIS.
avec lui un bonheur qui n'aura jamais de fin et n'éprou- , V ra jamais aucune altération. Pendant toute la durée d l'immense éternité , les âmes des élus se réjouiront avec Dieu dans le ciel, au milieu des chœurs des anges et dans l'assemblée triomphante d'une multitude innombrable de bienheureux, que la présence et la vue béatiflque de Dieu, leur commun Créateur et Seigneur, comblera tous ensemble de tous les biens célestes : l'excellence de ces biens est si sublime, que dans cette vie mortelle nous ne pouvons jamais, ni par la pensée, ni par le raisonnement, en concevoir une idée, nous en former une image qui approche, même d'une manière éloignée, de la réalité: tant sont incompréhensibles la magnificence et la plénitude avec lesquels Dieu se prodigue à ses amis les saints ; néanmoins, nos faibles expressions, et comme le bégaie- ^ ment de notre enfance , en parlant de cet ineffable bonheur, nous le font paraître souverainement désirable.
Les saints vivent au ciel dans une paix glorieuse, au sein d'une joie et d'une béatitude suprêmes: ils vivent sans causer d'offense et sans en éprouver; ils sont aimés et honorés de tous les compagnons de leur bonheur, et leur rendent à tous les mêmes sentiments d'amour et de vénération. Ils • surabondent, non point de ce qui leur pourrait être nécessaire , mais de tout ce qu'ils peuvent désirer pour la consommation de leur gloire et de leur féhcité; le mal ne saurait plus ni se faire éprouver d'eux, ni les atteindre, ou même en être redouté ; ils sont comblés, au contraire, de toute espèce de biens, avec une si riche profusion, qu'elle surpasse leurs vœux et suffit à remplir toute leur éternité; leur jouissance leur est tellement assurée et si parfaitement garantie, qu'ils ne peuvent jamais être exposés au péril de la voir ni cesser ni diminuer.
C'est ce qu'a entendu saint Mathias, quand il a dit : « Je crois à la vie éteriieile. » V *