‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 346 sur 759 · LIVRE V.-— LETTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE V.-— LETTRE PREMIÈRE

est entièrement sauvage , et ne prête l'oreille qu'aux dis- * cours qui flattent sa nature , c'est-à-dire , la barbarie. La -connaissance des vérités divines et des choses du salut la trouve indUBférente ; et le sens pervers des indigènes est ■ «nneml de la vertu. Mobiles à l'extrême et sans coiisistance dans leurs pensées, ils n'ont aucune justice et aucune bonne foi; le mensonge et le péché remplissent toute leur vie. C'est donc pour nous une œuvre immense que de cultiver les chrétientés anciennes, et de convertir les païens ; et nous avons droit, nous qui sommes vos fils, au premier rang dans vos sollicitudes , et à l'assistance continuelle de vos prières devant Dieu. Vous savez combien il est difficile d'enseigner des hommes qui ne connaissent point Dieu et qui sont rebelles à la raison : ils se révoltent même et ils s'indignent Mbotre vois les appelle à sortir du péché, qui est leur existence , et que la prescription du temps leur a rendu naturel.

Ces contrées éprouvent singulièrement la personne humaine, en raison des ardeurs de la saison d'été, des vents glacés et des pluies de l'hiver. Les aliments, et tout ce qui est nécessaire à la vie, sont rares à Socotora , aux Moluques et 9U cap Comorin; et les travaux du corps et de l'esprit, qu'occasionne la nature des hommes avec qui l'on se trouve engagé, sont infinis et pour ainsi dire incroyables. J'ajouterai que les idiomes de ces peuples sont des plus difficiles à connaître. Mais surtout les dangers, qui regardent la vie céleste et la vie terrestre, sont sans mesure et sans nombre. Cependant, que les membres de la Compagnie de Jésus rendent à Dieu d'infinies actions de grâces ; car Je puis déclarer à la face du ciel que tous nos confrères des Indes, que tous vos enfants, sont redevables à la divine miséricorde d'avoir toujours été préservés des dangers de l'âme et de ceux du corps ; en même temps nous possédons les bonnes grâces et r affection des Portugais, magistrats et simples citoyens; des prélats, des populations indiennes, tant chrétiennes qu'idolâtres; et tout le

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