‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 352 sur 759 · LIVRE V. — 'JLPTTRE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — 'JLPTTRE PREMIÈRE

des tempêtes et des écueils , ainsi que des pirates, et l'on considère coïnme un heureux sort, quand sur deux navires un seul achève sa course jusqu'au Japon. Mais j'éprouve intérieurement un tel sentiment de joie et de zèle , que je ne croirai jamais devoir abandonner mon dessein, non pas même quand je serais assuré d'y courir de plus grands périls qu'en aucune autre occasion de ma vie : tant les discours du Japonais Paul , ou plutôt l'inspiration de Dieu même, m'ont fait concevoir d'espérances pour la propaga--tion de la religion chrétienne. La relation que je vous transme^ avec cette lettre vous fera suffisamment connaître à quel point cet empire est heureusement disposé pour recevoir la semence de l'Évangile.

Dans les Indes se trouvent environ quinze places de- Portugais, où l'on pourrait établir autant de maisons de la Compagnie, si le roi daignait assigner à leur fondation quelques fonds puisés dans le trésor public. J'en ai fait part à ce prince en lui écrivant moi-même à cet égard. En même temps j'ai informé de tout Simon Rodrîguez, et je lui ai fait connaître combien il serait avantageux pour la religion chrétienne si, avec votre permission, il venait ici lui-même avec un grand nombre de nos confrères , et surtout avec un renfort puissant de prédicateurs; j'ajouterai que son arrivée, s'il est soutenu de la protection royale, donnera les moyens de fonder plusieurs collèges de la Con^agnie. A mes yeux , ô mon Père ! la venue de Simon aux Indes , à cause de la faveur dont il jouit près de S. M. , nous sera très-avantageuse. Il arriverait, en effet muni des pouvoirs du roi, soit pour étabhr des collèges, soit pour protéger les chrétiens existants, et les indigènes qui se convertiraient à J.-C, s'ils étaient protégés. Je vous prie à cet égard, d'informer Simon de vos volontés. Antonio Gomez (1), m'a fait savoir que l'intention positive du

(1) Antonio Gomez, docteur de la Faculté de Sorbonne, éminent prédicateur, passa aux Indes en 1549. Destiné d'abord parle Saint à la mission d'Ormuz, il fut ensuite choisi pour demeurer à Goa en qualité de recteur

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