‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 351 sur 759 · LIVRE V. — EETTBE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — EETTBE PREMIÈRE

année et demie de voyage. Etant au Japon, je yçus instruis rai plus positivement des coutumes et de la littérature des Japonais, des doctrines et des usages de l'université de Cénic. En elTet, on rapporte que, dans la Chine entière et dans le Cathaï , on suit uniquement les usages de cette université , la plus illustre entre toutes, et je n'oublierai point d'écrire à ce sujet à l'université de Paris, afin que par elle, les autres universités d'Europe soient informées de nos nouvelles. Je n'ai le dessein d'emmener avec moi qu'un seul confrère européen, Cosme de Torrez, Valencien (1), qui est entré ici dans notre Compagnie; et aussi les trois jeunes Japonais dont je vous ai parlé (2). Noua partirons, si Dieu le permet, au mois d'avril prochain, ^i- Le Japon est éloigné de Goa de plus de treize cents milles, et l'on touche, en passant, à Malacca et à la Chine. Je ne saurais exprimer par aucunes paroles combien cette pieuse entreprise me remplit de consolation spirituelle. Il est avéré que la route est semée de dangers infinis, à cause

(1) Le p. Cosme de Torrez, l'un des hommes les pins savants de son siècle, était déjà prêtre lorsqu'il passa au Mexique, et de là aux Moluques, sans rencontrer encore le véritable terme de sa vocatjpn. Les admirables exemples du P. Xavier le lui révélèrent. Déposant la digjilt^ de yjcairegénéral, dont l'évêque de Goa venait de l'investir, il fut admis dans la Conipagnie par le P. Xavier.

Il accompagna le Saint dans son apostolat du Japon, et rendit d'éminents services à la cause divine. S^ science et son éloquence Ipi ^pcurèr§^t d'éclatantes victoires dans ses conférences avec les Bopzes. p existe pn résumé de ses controverses, adressé par lui au P. Xavier , gp octobre 1551 : les PP. Lucena et Grasset nous l'ont transmis.

Le P. de Torrez fut laissé au Jappr^ en qualité de sapériepr : après ?fp^et-un ans de précieux travaux, il mourut saintement à Chequi, dans l'île d'Amacusa, le 2 octobre 1670, quelques semaines après l'arrivée du successeur qu'il avait demandé, et qui était le P. François Cabrai.

Trente mille personnes baptisées de ses mains, et cinquante églises fondées par ses soins étaient la gerbe spirituelle que cet ardent ouvrier allait présenter à son Dieu, et il rendit l'âme dans ces transports de joie, dit le P. deCharlevoix, qui inaugurent, dès cette vie, la souveraine félicité des saints.

(2) Anger et ses deux serviteurs, le premier baptisé sous le nom de Jean, le second, sous celui d'Antoine.

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