LIVRE V. — LETTRE TROISIÈME
très-sainte volonté, et qu'en même temps il vous donne les forces , et vous accorde les grâces qui vous sont nécessaires pour l'accomplir avec plénitude et dans sa perfection, ainsi que votre majesté serait heureuse, à l'heure de sa mort, de l'avoir accomplie, lorsque, seigneur, vous serez appelé pour rendre le compte de votre existence entière. Ce moment décisif pour toute l'éternité sera plus prochain que ne le pense votre majesté (1) : vous devez vous préparer de bonne heure à ce passage, et vous en préoccuper à l'avance. Les empires et les souverainetés passent : à leur place doit apparaître une forme nouvelle et imprévue d'existence, telle que jamais votre majesté ne l'a soupçonnée ni imaginée. Vous vous verrez à la mort dépouillé de tous vos États , déchu de toute souveraineté, et violemment entraîné dans un empire formidable et plein de ténèbres , absolument différent de ce monde terrestre, -fi'est là qu'il sera très-amer et très -douloureux d'être ^f^4**^il^» ^^ sortir de l'autre empire, surtout si ce devait l'être pour vous voir à jamais, ce dont Dieu vous préserve, exclu du Paradis et de son espérance.
Cochin, le 26 janvier 15ii9.
L'inutile serviteur de votre majesté.
François.
LETTRE IIL
A M^ Simon Rodriguez, en Portugal.
in
Que la grâce et la charité de J.-C.-N.-S. soient toujours avec nous ! Amen.
Je ne saurais exprimer en paroles , ô mon frère bien-
(1) Le roi Jean III mourut, dans de profonds sentiments de piété, le 11 juillet 1657. Ce grand prince rendit à la religion d'éclatants services, mais son âme vertueuse ne put toujours connaître la vérité, et vaincre les passions de ses ministres dans les Indes.
■ jw^aaiw.i-"'.i^' ta™ ■