‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 365 sur 759 · LITRE V. — LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LITRE V. — LETTRE TROISIÈME

lui huit OU neuf de nos membres avec six Franciscains. Mais Vaz a remis aux Franciscains venus à Baçaïm l'argent qu'à la prière du vice-roi Joam de Castro le roi avait assigné pour la conversion des païens, afin que ces Pères en fissent l'emploi qu'ils jugeraient à propos et en disposassent entièrement. Sur ces entrefaites , je suis parti pour Baçaïm, afin de terminer des affaires concernant les chrétiens des Moluques; et j'ai eu l'occasion de m' entretenir avec les Franciscains: réduits à un très-petit nombre, ils m' ont instamment prié d'envoyer à Baçaïm quelqu'un de la Compagnie, pour être chargé de distribuer entre les néophytes la somme assignée et d'administrer le séminaire. J'y ai donc laissé Melchior Gonçalez (1) avec un coadjuteur.

Miguel Vaz et le P. Diogo de Borba étant morts, il y a peu de temps, la surveillance du collège de Goa s'est trou»vée dévolue à Cosme Anes, qui s'était déjà chargé de l'administration des revenus et de l'achèvement des bâtiments, mais qui a trop d'occupations, à cause des affaires du roi; aussi, dès l'arrivée d'Antonio Gomez,il s'est absolument déchargé de cette administration entre les mains de la Compagnie. Cependant il convient, d'après les usages, que cette cession soit ratifiée au nom de sa majesté. Veuillez en faire expédier le diplôme et nous l'apporter aux Indes.

A quinze milles de Cochin est une place de S. M. , appelée Cranganor. Il s'y trouve un superbe collège , élevé par le frèr€ Vincent, coadjuteur del'évêque, où sont instruits cent enfants des chrétiens indigènes, appelés chrétiens de Saint- Thomas, Autour de la ville sont répandus soixante villages environ des mêmes chrétiens, où l'on choisit les élèves du collège. Vous saurez que cet édifice est magnifique d'aspect, soit à cause du site, soit par la belle ordonnance des bâtiments. C'est un service immense que le frère Vincent

jg#

(1) Melchior Gonçalez, Portugais, fut un infatigable ouvrier dans la vigne du Seigneur : arrivé en 1548, il dirigea les missions et le collège de Baçaïm, et mourut, empoisonné par les infidèles, à la fm d'octobre 1661. "^

Page 1