LIVRE V. — LETTRJi TROISIÈME
a rendu à ce pays. Il m'est profondément attaché, ainsi qu'à toute la Compagnie. Il déclare qu'il a tout disposé pour nous laisser en mourant l'administration de son collège. Il désire singulièrement la venue d'un prêtre de la Compagnie, instruit dans les lettres, pour enseigner aux enfants les humanités, et prêcher au peuple les jours de fête. On doit déférer à ses désirs; je vous prie donc d'envoyer un prêtre doué de ces talents , qui dépendra de lui pour toutes choses.
Il y a deux églises à Cranganor : l'une dédiée à saint Thomas, et qui est l'objet d'une grande dévotion de la part des chrétiens de Saint-Thomas, l'autre dédiée à saint Jacques, et qui fait partie du collège. Le frère Vincent désire vivement que des indulgences du souverain pontife soient accordées à ces deux églises, pour la consolation des chrétiens et l'accroissement de leur piété. Je vous prie donc, comme d'une chose capitale, d'inviter, soit nos frères qui sont à Rome, soit le nonce apostoHque qui réside en Portugal , à faire obtenir une indulgence plénière annuelle , à commencer des veilles de Saint-Jacques et de Saint-Thomas, pour se continuer durant les octaves : je désire que cette indulgence soit seulement accordée à ceux qui, ayant participé dignement aux sacrements de Pénitence et d'Euçhayristie , visiteront avec piété et avec dévotion les éghses de Cranganor. Si vous remplissez ces deux objets, que je vous recommande au nom d.u frère Vincent, l'envoi d'un prêtre et l'obtention des indulgences, et si vous voulez en même temps lui écrire avec amitié, vous vous l'attacherez pour toujours, ainsi qu'à la Compagnie. Je vous prie avec les mêmes instances d'écrire à l'évêque qui nous est profondépfient dévoué.
J'ai écrit à sa majesté pour la prier de nommer comme l'un de ses chapelains un prêtre appelé Etienne Louis Borralho. Je l'ai moins fait à cause de lui-même, que dans l'intérêt de ses sœurs qui sont orphelines et pauvres; si le frère jouit de la considération dont sont revêtues les per-
Év