‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 368 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE TROISIÈME

étendues pour qu'elle puisse recevoir un grand nombre d'orphelins portugais et indigènes.

J^ Coulan , tout est en abondance et à vil prix , et une dépense peu considérable doit faire vivre un très-grand nombre d'élèves. Si vous venez ici , mon bien-aimé frère Simon, votre venue sera l'occasion d'un grand avancement pour la religion, et d'un grand bonheur pour vous-même; mais il est nécessaire qu'avant votre départ vous soyez revêtu de l'autorité nécessaire, afin de vous rendre utile pour le service de Dieu et secourable aux chrétiens indigènes. Je vous recommande encore de vous assurer à l'avance toute la protection de LL. MM. , afin de pouvoir retenir dans le devoir les gouverneurs et les trésoriers du roi. C'est ainsi que, de l'avis universel, vous rendrez, dans les Indes, le plus de services à la religion de J.-C.

J'ai reçu de Malacca d'heureuses nouvelles touchant les travaux spirituels de François Ferez et de Roch d'Oliveira. Leurs lettres vous en donneront le détail. D'excellentes nouvelles sont venues aussi des Moluques, où Joam de Beira (1) et ses compagnons sont éprouvés par des souffrances excessives, et des dangers continuels pour leur vie, avec d'éclatants succès pour la religion chrétienne. Le bruit qui avait couru de la mort de Beira me parait être sans fondement. Lui-même, peu de temps auparavant, m'avait écrit dans le plus grand détail sur ses travaux, ses souffrances et ses dangers. Ses compagnons, après que les vais-

(1) Le p. Joam de Beira, après dix. ans de travaux vraiment apostoliques, épuisé dans ses forces et jusque dans son intelligence, acheva ses jours à Tana, près de Baijaïm, et y fut l'objet de la vénération de ses frères, qui contemplaient en cet homme si éprouvé le renouvellement des exemples de la primi- .j^ tive Église. Souvent alors des confesseurs de la foi, mutilés par le fer et la flamme, exercés par la douleur, conservaient, dans un corps qui avait survécu à l'intelligence, les empreintes sacrées du martyre, jusqu'au jour glorieux de leur délivrance terrestre. Ainsi nous avons vu nous-méme de saints missionnaires revenir du lieu de leur mission, épuisés pour un temps, ou mis à bout de leurs forces humaines, après les longues souffrances d'un glorieux apostolat.

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