‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 415 sur 759 · LIVRE V. '— LETTRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. '— LETTRE SEPTIÈME

dépendant de votre collège, et quelle est la situation de toutes ces contrées ; que vous ignorez encore quelle existence on mène sur la côte de Comorin, à Méliapour, à Goulan, aux Moluques, à Malacca, à Ormuz, vous n'appellerez auprès de vous, par un commandement absolu, aucun des religieux qui travaillent dans ces pays ; car il pourrait arriver, par l'effet de votre ignorance touchant l'état des affaires, que vous missiez la hache dans une œuvre heureusement commencée, qu'avaient avancée considérablement d'héroïques efforts, et qu'après de longues espérances le succès allait couronner ; tout serait ruiné, si les ministres étaient rappelés par vous ; et le salut des âmes ainsi que la gloire divine en éprouveraient un dommage, pour ainsi dire, irréparable. Par ce motif je veux écrire, et je le ferai très-incessamment, au P. Antonio Criminale , afin qu'il ne se déplace sur l'ordre de personne, et qu'il ne permette à aucun de ceux qui instruisent avec lui, dans la science de la religion, les chrétiens de Comorin, de quitter cette résidence, quelle que fût la personne qui les appellerait, si lui-même, par un jugement approfondi des affaires, n'estime qu'il n'en doit naître aucun inconvénient. J'écris dans le même sens aux Pères qui résident dans les autres places : ils ne doivent pas interrompre les œuvres qu'Us ont commencées , ni permettre que les compagnons de leurs travaux , qui sont nécessaires auprès d'eux», soient arrachés à leurs entreprises et envoyés ailleurs ; ce qui serait la ruine de magnifiques espérances et ferait évanouir des occasions précieuses d'étendre l'empire de J.-C; leur retraite intempestive serait contraire à tous les intérêts du service de Dieu. Il sera donc plus sage^ en ces circonstances, de ne point faire usage de voti-e autorité ; de ne rien ordonner en vertu de vos pouvoirs, avant d'avoir vérifié, d'une manière indubitable, si l'accomplissement en doit être utile.

Mais, ainsi que je vous recommande de n'appeler personnellement à Goa aucun de nos frères qui travaillent dans les terres éloignées, avant de vous être assuré de leur opi-

Page 1