LIVRE V. — LETTRE ONZIÈME
en même temps que celles qui doivent être adressées à Goa pour vos intérêts propres : je vous donnerai donc un moyen de vous épargner cette peine. Vous aurez auprès de vous , à TeFûâte, notre Frère? Alphonse ; vous lui fèrez passer toutes les informations transmises par nos Frères, qui sont disséttiifiés dans toutes les résidences des Moluques, si conftis que soient ces récits, pourvu qu'ils expriment avec vérité et d'une manière exacte tous les événements , les œuvres accomplies par nos prêtres , leurs efforts dans leë divers ministères et les fruits qu'ils en recueillent ; à quelles contradictions ils sont en butté, et de la part de qui ; l'étendue 4e leur patience, et les victoires dont ils se couronnent, avec l'assistance divine ; enfin les qualités naturelles , les dispositions favorables des peuples et les- espérances qui d<îivent en naître. De tqus ces faits , Alphonse , qui unit à l'esprit de discernement le talent d'exprimer ses pensées , et qui possède, avec le style, la perfection de l'écriture, rédigera les lettres qui seront adressées en votre nom dani^l'Europe et aux Indes : le même expédiera toutes les affaires de votre maison, soit directement vis-à-vis du gouverneur dé Ternate , soit à Goa, par l'entremise du P. Antonio Gomez ; vOus aurez uniquement pour vOus le reste du travail et ce dont vous ne pouvez donner la charge à aucun autre, c'est-à-dire le soin de m'écrire, — ce qitè j'exige absolument, et qui est très- nécessaire, — sur l'état intérieur, les progrès spirituels, les talents, les vertus ou les imperfections de chacun de nos Fr'eres qui combattent sous vos ordres.
Ici l'on a répandu le bruit que vous aviez péri dans l'île du More; mais cette rumeur, on n'en sait pas l'origine : elle nous a paru vaine , et nous n'y croyons point ; nous espérons, avec la grâce de Dieu Notre-Seigneur, que votre vie se prolongera pendant de longues années, pour être employée à le servir ; que si, contrairement à nos prévisions et à nos vœux, quelque malheur vous arrivait ou