‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 452 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE DOUZIÈME

on dit qu'il existe un nombre inflai, et qui sont d'une férocité sans exemple ; on sait que d'ordinaire ils font périr, dans d'inouïs supplices, leurs prisonniers, surtout les Portugais. Mais comme Dieu Notre-Seigneur a sous son empire tous ces instruments de mal, je ne crains rien d'aucun d'entre eux : je ne crains que Dieu seul ; je crains ma négligence à le servir, qui peut me rendre, par ma propre faute , inutile et de tous points incapable de travailler à dilater son empire et la connaissance de son Fils Jésus- Christ parmi les nations qui l'ignorent; je crains l'effet d'un juste châtiment que Notre-Seigneur exercerait envers,; moi. En dehors de cette crainte, toutes les autres frayeurs, tous les périls, toutes les épreuves dont mes amis s'efforcent à l'envi de m' épouvanter, ne me sont rien, et je m'en ris avec assurance : au sein de mon âme la seule crainte de Dieu fait évanouir toutes les terreurs provenant des créatures; je sais qu'elles n'ont le pouvoir de nuire qu'à ceuï-lâ seuls, — encore c'est dans une mesure déterminée par Dieu, — à qui Dieu, le souverain Maître, a donné la puissance de nuire. , .

Je reviens à cette heure aux Portugais dont je vous ai parlé, et je vous prie, au nom de tout votre amour et de tout fotre zèle envers Dieu Notre-Seigneur, de les accueillir avec charité durant le peu de j cuirs qu'ils doivent demeurer à Lisbonne; de leur procurer une habitation commode; de les assister en toutes choses, selon vos moyens, et suivant' le besoin qu'ils en éprouveront. Et après que vous en aurez entendu tous les détails qu'ils vous donneront sur les Indes, et que vous nous les renverrez, ayant terminé leurs affaires en Portugal, vous leur remettrez pour nous des lettres trèsétendues, qui nous feront connaître ce qui nous intéresse, ail sujet de tous les Pères et Frères de notre Compagnie, qui sont en Itahe, en France , en Belgique , en Allemagne , en Espagne et en Aragon, et particulièrement sur ce collège à jamais béni de Coïmbre , qui m'est infiniment cher. Vous ferez bien d'adresser vos lettres à nos Confrères

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