LIVRE V. — LETTRE QUINZIÈME
charge, toutes les qualités d'un serviteur actif, intelligent et fidèle. Il a géré vos finances avec une rare sagesse, il s'est montré favorable au commerce, il a rendu la justice selon l'équité, sans nulle acception des personnes; il s'est conduit d'une manière parfaite pendant tout le tèSips de son exercice, û son administration a accru la gloire de votre majesté parmi ces peuples : mesurant leurs jugements sur cet exemple, ils ont généralement pensé que vous n'envoyez ici, pour être les représentants de votre autorité, que des homnies consommés dans les vertus qui vous sont les plus précieuses, dans les vertus qui brillent en vous-même avec le plus d'éclat.
Oui, telle est ma pensée, que la gloire des souverains et des princes qui régnent sur de vastes empires consiste à confier le gouvernement des provinces qu'ils ne peuvent administrer par eux-mêmes à des représentants qui puissent justement être présumés leur être semblables , des personnages tels que le peuple , en les voyant et en découvrant avec le temps leur grandeur d'âme, leur justice et toutes leurs vertus, et en leur accordant son amour, paraisse considérer et vénérer en eux la vivante image des mérites et des qualités du souverain absent, reproduits en ces lieutenants de son autorité. Au rang et dans le caractère de ces excellents ministres, qui font consister leur satisfaction suprême dans une parfaite obéissance aux volontés du prince, me paraît être au premier rang Edouard Barreto : à ce titre il est digne que votre majesté le fasse croître en fortune et en dignité, et, qu'en récompense des éminents services qu'il vous a rendus ainsi qu'à l'Etat, vous ne négligiez aucune occasion de le combler de v(5s grâces; il n'a accompli les grandes œuvres de son administration qu'au pris de travaux immenses , et le nombre infini des ennemis du bien lui a suscité de graves oppositions et l'a mis dans le cas de livrer les plus rudes combats. , --.-;*!;- <-. „:;*;'^^.';-
L'on ne doit point envisager comme une suffisante ré-