LIVRE V. — LETTRE SEIZIÈME
que vous vous rappelez d'avoir observées dans les exercices du mois ascétique. Vous passerez chaque jour à une méditation nouvelle; ainsi, par exemple, si vous avez, le lundi, considéré dans votre esprit la Naissance de Jésus- Christ, le mardi vous méditerez sur le mystère de la Circoncision ; et de même par ordre, jusqu'à ce que la révolution du mois vous ait fait parcourir tous les événements de la Vie du Seigneur Jésus, et que vous soyez arrivé à sa consommation glorieuse , qui est l'Ascension de Jésus au ciel. Alors vous reprendrez la série dès le commencement, allant d'un mystère à celui qui le suit immédiatement, et vous formerez tous les pas du mois nouveau sur les traces du mois précédent. A la fin de chacun de ces exercices, vous renouvellerez les vœux que vous avez prononcés solennellement une fois; et spécialement les trois vœux principaux de Chasteté, d'Obéissance et de Pauvreté. Vous les exprimerez de nouveau, je vous le recommande, et vous les ofifrirez à Dieu, renouvelant et ranimant en votre sens intime la vive ardeur avec laquelle vous les aviez > prononcés pour la première fois. Ce renouvellement des vœux, parmi ses autres fruits, aura pour effet d'atténuer les feux de la concupiscence et de vous faire triompher ^ des attaques du démon, qui vous sollicite constamment^ au mal : et je suis convaincu que vous^pedeYez jamais omettre ce devoir.
Après le repas principal et une méridienne de peu d'instants (1), vous reprendrez la méditation du matin, et vous y consacrerez l'espace d'une demi-heure , en considérant de nouveau le même mystère ; après quoi vous renouvellerez encore la profession des vœux. Que cette règleln variable et indéfectible subsiste toujours pour vous, au milieu de la variété de vos œuvres journalières ; qu'aucune dis-
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(1) Les missionnaires italiens et espagnols ont besoin, dans les réglons tropicales, de quelques instants de sommeil vers le milieu du jour. L'usage contracté dans leur pays natal, rendu plus nécessaire par l'accaycint^ surcroit de chaleur, fait paraître naturelle cette légère indulgence^
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