‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 467 sur 759 · LIVRE V. — LETTRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE V. — LETTRE SEIZIÈME

traction ou occupation ne soit assez puissante pour vous empêcher de consacrer tous les jours une heure entière à la pieuse méditation de la très-sainte Vie de J.-G. N.-S. : à cet effet, la division qiie je vous ai marquée aura cet avantage, de vous réserver une demi-heure avant midi et le soir un égal intervalle. Et le temps du soir , qui me parait le plus favorable à cet exercice, est l'heure, vers la chute du jour, où votre compagnon le P. François Ferez enseigne le catéchisme : en ce moment vous aurez le loisir de vous livrer à votre oraison du soir. ^

A la nuit, avant de vous livrer au sommeil, rentrez en ' votre conscience, examinez vos pensées, vos paroles etvo§ . actes de la journée tout entière , et n'oubliez pas de vous demander si vous n'avez rien omis dans l'ordre de vos devoirs. Approfondissez ainsi toutes vos fautes, comme si vous deviez à l'heure même les révéler au prêtre et vous en laver dans la confession sacramentelle ; et formez au dedans de vous l'acte d'une contrition sincère, pour tout le mal que vous avez commis , pour tout le bien que vous avez omis volontairement , en vue de Dieu que vous devez aimer plus que tout au monde, et qui par là se trouve offensé; enfin, conjurez très -ardemment Jésus -Christ de vous pardonner, exprimez le ferme propos de vous amender, et après avoir récité un Pater et un Ave, prenez votre repos, de manière que le sommeil survienne en vous au milieu dé pensées saintes, et sur le dessein de passer plus saintement encore la journée qui doit suivre. \-

Le lendemain, à votre réveil, élevez sur-le-champ votre àme à Dieu, et pendant que vous prenez vos vêtements, que vous lavez vos mains et votre visage, revenez par le souvenir sur vos fautes de la veille et demandez à Jésus-Christ la grâce de les éviter pendant la journée qui commence. Vous accomplirez ensuite la méditation du matin , ainsi que vous aviez fait la veille, et vous vous acquitterez de la même manière de tous vos autres devoirs; vous aurez soin d'être si fidèle en cet ordre de vie, qu'excepté l'empêche-

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ment de la maladie, rien au inonde rie vous puisse en faire-: * altérer la plus légère partie, et s'il vous arrivait, par un * motif et sous un prétexte quelconques, étant d'ailleurs sain de corps et d'esprit, de différer ou de négliger la moindre '; partie de ce qui vous est prescrit, vous vous en ferez un cas de conscience, vous vous en accuserez dans rassem-^ ■' blée de nos Pères, et vous demanderez de vous-même qu'une pénitence vous soit infligée, pour avoir omis ou accoriipli négKgemment et comme par manière d'acquit^ . les devoirs qui vous étaient si gravepaent recommandés 0 imposés par votre supérieur. ' .'

En général, dans toutes vos actions, dans l'exercice dé^^^ vos ministères, en un mot dans toutes vos occupations, et jusque dans vos intervalles de loisir, dirigez toujours, par un ardent effort, toutes les puissances de votre âme vers le devoir de vous vaincre vous-même ; domptez vos passions, embrassez ce qui révolte le plus vos sens; abattez surtout le penchant naturel pour les éloges et pour la supériorité; ^ n'épargnez rien sur votre passage, jusqu'à ce que la superbe soit déracinée entièrement en vous, que vous consentiez sans peine à vous laisser ravaler au-dessous de tous, et que vous vous sentiez heureux d'être méprisé. ; Soyez bien convaincu que sans cette humilité, sans cet empire sur les mouvements déréglés de l'âme, vous ne pou- " vez être utile à vous-même et aux autres , et que vous ne sauriez être en bonne odeur devant Dieu; vous seriez enfin;*' incapable de persévérer en la Compagnie de Jésus.

Obéissez en toutes choses au Père avec lequel vous vivez; v, accomplissez avec un empressement absolu tous ses ordres, si pénibles ou désagréables qu'ils soient à vos yeux; nelui^ résistez jamais, n'élevez jamais d'objection sur aucun sujet ; mais écoutez toujours ce Père, et laissez- vous toujours^;, conduire à ses moindres signes , comme si vous receviez les commandements de notre P. Ignace, s'il était ici présent. Toutes les tentations, de quelque forme et nature V qu'elles soient, révélez-les aussitôt que vous en éprouvez ;

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