‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 500 sur 759 · LIVRE VI.— LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI.— LETTRE TROISIÈME

tume de le faire lorsque j'étais ici; ce langage pénètre plus aisément dans les oreilles , et de là dans l'esprit des auditeurs. Informez-moi de souvent ce qui se tait à cet égard. Je vous exhorte vivement à veiller avant tout sur vous-mêmes, ce qui est le point essentiel. L'homme qui est mauvais pour lui-même ^ pour qui peut-il être bon (1)? Et comment pourra guérir les autres celui qui se néglige lui-même? Enfin comment peut être attentif et diligent en ce qui regarde autrui , celui qui ne veille point à ses intérêts propres?

Ayez soin que la plupart des élèves du collège soient des Chinois ou des Japonais : formez-les à la vertu et à la science, exercez-les dans la langue portugaise, afin qu'ici même où ils peuvent rendre d'immenses services , ils soient en état de remplir les fonctions d'interprètes. En vérité je ne vois point de contrées au monde où l'on doive recueillir de plus grands fruits spirituels, que le Japon eti la Chine. v"

Cette année se rendront à votre collège deux bonzes japonais qui ont répudié leur sacerdoce impie et embrassé la foi de J.-C. Veuillez les traiter avec égards et avec amitié, ainsi que je faisais envers le Japonais Paul, lorsque j'étais avec vous au collège de Sainte-Foi. Le caractère des Japonais est tel, que rien ne les touche et n'influe.^ eux comme la douceur et les procédés affectueux.

Vous m'enverrez ici les trois Confrères que j'ai dé-v signés.

La lettre sur les dispositions intérieures de l'âme, que j'ai jointe à celle-ci, doit être envoyée, pour y être lue, à

on ne peut se faire une idée que par la pratique. Telles sont la langue franque parlée à Constantinople et dans les Échelles du Levant; la langue indo-européenne des Présiden ces de l'Inde; la largue anglo -chinoise de Canton et de Macao. — Notre Saint , pour se faire tout à tous, prêchait dans les idiomes les plus corrompus et les plus vulgaires. On sait que dans ses missions d'Italie, son langage à demi basque, à demi italien produisait parmi le peuple une merveilleuse impression. (1) EccL, XIV, 5.

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