LIVRE VI. — LETTRE QUATRIÈMEé
toutes les autres résidences de la Compagnie dans les Indes. , - •ri-:
Que J.-G. N.-S., dans sa bonté et dans sa miséricorde, nous rassemble tous dans son éternelle félicité ! Amen..
Gongoxima, 3 novembre 1549,
François.
Au P. Antonio Goniez, de la Compagnie de Jésns.
Que la grâce, etc.
Ma lettre du 3 novembre, c'est-à-dire d'avant-bier, qui était commune à vous tous, mes Frères de la Compagnie qui résidez à Goa, est si étendue, et si précise en tous ses détails, qu'il me reste à peine un sujet de vous écrire en particulier ; néanmoins, je veux vous rappeler que vous êtes continuellement présent à ma pensée et à mon souvenir, et que ma tendresse envers vous ne cesse jamais de désirer ardemment pour votre âme plus de grâces et de progrès spirituels, que vous-même peut-être n'en pouvez ambitionner.
Je veux également que vous preniez soin de tous nos Frères disséminés dans les Indes, et que je vous ai confiés, de manière à les diriger vers la perfection avec une infatigable ardeur. Mais, sacbez-le bien, je ne vous recommande personne à l'égal de vous-même : je n'ai rien plus à cœur ni qui me soit d'un plus grand prix, que de savoir que vous employez tous vos efforts afln de faire avancer et croître votre âme dans une vertu toujours plus parfaite : et si j'apprenais que dans cet essentiel devoir vous laissez votre vigilance et votre zèle se ralentir même légèrement, je ne vous jugerais plus digne en conscience d'être chargé
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du salut d' autrui, ou de tout autre office d'une sérieuse importance. Que si , au contraire, ainsi que je l'espère, et que je le demande constamment à Dieu, vous êtes ardent et plein de zèle pour tendre vers le but, toujours présent à votre pensée, de procurer la gloire suprême de Dieu par votre propre perfection; si vous courez toujours avec un élan irrésistible et sans regarder en arrière ; si vous renver-* sez à vos pieds tous les obstacles, et que j'aie le bonheur d'en être informé, je ne désespère pas qu'un jour n'arrive où je vous appellerai pour vous envoyer à Méaco ou à Bandou, c'est-à-dire dans la citadelle et le camp des su* perstitions japonaises, et là s'ouvrira devant vous une vaste carrière à vos saints désirs.
Vous ne manquerez point de m'écrire avec les détails les plus étendus, sur tous nos Frères qui vivent dans les Indes , sur ceux qui résident en Portugal et à Rome : vous me ferez connaître les œuvres de chacun, et les fruits qui accompagnent leurs travaux dans la vigne du Seigneur. Je fonde, à l'avance, l'espoir d'un fruit spirituel très-abondant et d'une consolation infinie dans la lecture de ces lettres que vous m'écrirez ; je vous conjure donc de ne point m'en priver; n'épargnez, en cette occasion, ni le papier ni votre peine ; souvenez-vous que moi-mônàe, qui ai si peu de loisir, ainsi que vous le savez parfaitement, n'ai point négligé de vous écrire de la manière la plus étendue, sur tous les sujets qui me paraissaient de nature à vous être utiles ou à vous intéresser : j'attends de vous en retour, et je sollicite cette preuve de votre zèle et de votre reconnaissance.
Je veux que vous employiez tous vos soins afin que les Confrères que j'appelle de Goa au Japon se disposent à venir, toute affaire cessante, et se rendent sur-le-champ à mon appel; et afin d'exciter leur zèle, vous devez faire usage de l'autorité que je vous ai conférée avec plénitudCj à cet effet spécial.' .Vous connaissez les moyens et les voies pour y réussir avec efficacité, et en môme temps avec dou- (2. - ■
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