LIVRE VI. — LETTRE QUATRIÈME
qui serait d'un immense avantage pour le trésor de S. M. portugaise. " " ^ -
Sans l'attrait de cette espérance, je crains malheureux sèment, — et je voudrais que ce soupçon de ma part fût vain et sans fondement; — Je crains, dis-je, infiniment que l'on ne puisse déterminer les agents des finances royales dans ces contrées à expédier vers le Japon un puissant navire au nom de S. M., dans le but unique d'y transporter des apôtres de l'Évangile; mais nous serons heureux encore, si des circonstances étrangères donnent occasion que J.-C. soit annoncé : nous estimerons un gain que le Royaume du Ciel soit cherché comme un bien accessoire de la fortune terrestre, et que les ministres de Dieu, nécessaires pour la rédemption des âmes, soient transportés où les appelle la maturité des moissons, sur un vaisseau destiné spécialement à la création toute temporelle d'un établissement de commerce. Enfin, si l'état des , affaires et les raisons de gouvernement ne permettaient point d'envoyer à cette heure un ambassadeur avec un vaisseau, le gouverneur des Indes pourrait, au nom de S. M. ou de son autorité personnelle, accorder comme une grâce à quelqu'un de ses parents ou des personnes qu'il protège, le privilège d'une ambassade indépendante, et le droit exclusif du commerce avec le Japon , ce qui donnerait d'îiiîi't^'; menses bénéfices. Cette personne. J'en ai l' assuras 6&j;ï*i: s'empresserait d'armer à ses frais un solide bâtiment de ^^ commerce, se promettant de cette entreprise une fortune trèS'évidente et pour ainsi dire infaillible.
Vous connaissez les riches marchands de cette place , les ressources et l'ambition de chacun d'entre eux; afin de faire naître en eux un espoir très-fondé de s'enrichir au Japon, espoir qui devra tourner à l'avantage de la reUgion, offrez-leur, offrez à tous ceux à qui dans votre pensée ce peut être avantageux, la liste, que Je vous adresse avec cette lettre, des marchandises qui se trouvent en abondance dans les Indes, et qui se placeraient au Japon à
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