‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 504 sur 759 · LIVRE VI. — LETTRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LETTRE QUATRIÈME

s'avancent sans précaution sur ce sol, et qui n'apportent pas assez de prudence pour éviter, assez d'énergie pour vaincre, lorsqu'ils se présentent, les périls spirituels semés de tous côtés avec une ruse infinie.

Pendant que nos Frères se disposent pour le départ, je vous prie de prendre le temps de voir le gouverneur, et d'en obtenir qu'U écrive au souverain du Japon, et qu'il joigne à sa lettre des présents qui seront remis en son nom à ce prince en même temps que la lettre. Ces procédés seront d'une grande valeur pour seconder dans cet empire la prédication de l'Évangile : notre prédication, déjà toutepuissante par la vertu divine, recevra de cette assistance extérieure un utile renfort, et j'en attends sans témérité cet heureux fruit devoir l'Église de J.-G. devenir bientôt florissante au Japon et y recueillir sans peine un essaim nombreux de néophytes. Mais ainsi que chacun doit être attiré par l'appât qui convient à sa nature, et que les hommes accoutumés à calculer les chances d'un bénéfice temporel seraient peu sensibles à la perspective des avantages spirituels, ne négligez point de faire envisager aux administrateurs des finances royales dans les Indes qu'il s'offre une occasion précieuse de créer au Japon de nouvelles sources de revenus, d'une importance considérable pour les finances de S. M. En effet, il serait aisé d'obtenir que dans le port de Sacaï (1), qui est le marché principal de tout le Japon, une demeure soit assignée par le gouvernement aux agents du roi de Portugal, avec des magasins pour les marchandises d'Europe : et ces marchandises pourraient être échangées avec un riche bénéfice , contre l'or et l'argent d'une pureté parfaite, produits en abondance parles mines de l'empire, et qui sont apportés en grande quantité à Sacaï ; ainsi pourraient être fondés un entrepôt et un comptoir, ce

' (1) Sacaï (35" 30' N.) , dans la province d'Izumi , était [le plus riche des ports du Japon, et l'entrepôt du commerce avec les peuples étrangers. C'était une sorte de république que nos auteurs comparent à celle de Venise : sa constitution et sa police étaient admirables.

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