‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 512 sur 759 · LIVRE VL— LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VL— LETTRE CINQUIÈME

nous sommes infiniment redevables, et nous le déclarons avec reconnaissance, à votre généreuse amitié. Lorsque nous nous disposions à partir, ne nous avez-vous pas pourvus de la manière la plus empressée d'une grande abondance de provisions, ne nous avez-vous pas choisi le meilleur navire qui fût à votre disposition, ne nous avezvous pas procuré tout ce qui pouvait nous être utile? Vous avez, par votre protection toujours présente, et par l'autorité de votre nom, fait évanouir toutes les difficultés et les occasions de retard ; et, pour comble de grâces, vous nous avez fait présent d'un grand nombre d'objets précieux destinés à concilier la faveur, pour nous si nécessaire, des souverains de cet empire. ' ' - v-

Nous sommes descendus sains et saufs, avec ces présents, grâce à la protection divine, le 15 août, jour de gloire et de bénédiction, jour de l'Assomption au ciel de la Mère de Dieu, dans Gangoxima, pays natal de Paul de Sainte-Foi ; à cause de lui, nous avons reçu l'accueille plus amical du gouverneur de la ville, de l'intendant civil et de tous les habitants. Ce fidèle compagnon, Paul, a fait bientôt paraître le zèle d'une religion professée du fond de l'âme; ses nuits et ses jours ont été consacrés sans interruption à annoncer la religion de J.-C, et à la prêcher à ses parents , à ses proches , à ses amis de tout âge et de toute condition , avec un si heureux succès , qu'à cette heure où j'écris , sa mère et sa femme , toute sa parenté et ses alliances des deux sexes, et un très-grand nombre de ses amis et de ses connaissances lui ont dû leur conversion.

Cette contrée, autant que jusqu'à présent j'ai pu m'en convaincre, est si parfaitement disposée et mûre pour recevoir la semence de la doctrine céleste, que l'on peut se promettre avec confiance d'y recueillir les fruits spirituels les plus abondants. Les hommes de cette nation accordent à la vérité un souverain empire sur l'erreur. Les écarts de leur vie ne prescrivent jamais contre l'autorité de la raison ;

Page 1