‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 545 sur 759 · LIVRE VII. — LETTRE DEUXIÈxME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LETTRE DEUXIÈxME

de ces deux personnes, quoique elles connaissent la religion, |

n'a pu se laisser convaincre de l'embrasser : par le principal motif, qu'ils ont à leurs frais construit un grand nombre de couvents pour les bonzes et leur ont assigné des revenus, afin que les bonzes priassent sans cesse Amida de les préserver des vicissitudes et des maux de cette vie, et les fissent parvenir un jour à la félicité dont jouit Amida lui-même. Ils alléguaient cent autres raisons pour ne point se faire chrétiens, celle entre autres qu'ayant toujours été les fidèles adorateurs de Chaca et d' Amida, ayant à cause -

d'eux fait de grandes largesses aux bonzes, et construit un grand nombre de monastères, s'ils se convertissaient à J.-G. , ils perdraient à l'heure même le bénéfice de tant d'an- r ;

nées de dévotion et tous les fruits de leur vie antérieure. 4 ■

Ils sont convaincus que tout ce qu'ils ont donné d'argent |

aux bonzes, aii nom de Chaca et d'Amida, doit leur revenir ■

après la mort avec un intérêt multiple, accompagné d'une récompense surabondante de leur dévotion et de leur zèle; et pour ne point demeurer privés de ces avantages, ils ont constamment refusé de se convertir à J.-C.

Les Japonais sont convaincus que dans le séjour des bienheureux on trouvera des festins splendides et tous les biens de l'existence, en abondance et avec toutes les recherches les plus exquises, et que plus une personne se sera rendue agréable à Chaca et à Amida, plus elle sera élevée en gloire parmi les autres. Tous ces récits composent les mystères et les fables des bonzes qui, dans la vue de ruiner l'effet de nos prédications, n'ont cessé de proférer dans leurs temples des injures contre nous, et au milieu d'un peuple infini d'auditeurs, de nous maudire outrageusement ainsi que notre Dieu. Le Dieu des chrétiens, disaient-ils, est quelque chose d'ignoré, d'inconnu; il est impossible que ce ne soit point le plus grand des démons et le père de tous les autres. Nous sommes, disaient-ils encore denous, les disciples de ce démon; et l'on doit se garder d'embrasser le culte de Jésus-Christ; dès qu'on aura com-

Page 1