‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 546 sur 759 · LIVRE VIT. — LETTRE DEUXIGME · texte numérisé non relu

LIVRE VIT. — LETTRE DEUXIGME

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mencé à le révérer comme un Dieu, le Japon doit périr. Ils traduisaient aussi le nom de Dieu par une raillerie sacrilège : Dieu n'était autre chose que le Daîo, mot qui dans leur langue signifie mensonge : on devait donc se tenir en défiance et nous éviter avec horreur. Telles, parmi bien d'autres, étaient les calomnies impies qu'Us proféraient contre Dieu qui cependant, dans sa clémence et sa miséricorde, a fait tourner ces calomnies à sa propre gloire et au salut des âmes. En efî"et, parleurs mensonges, notre autorité s'est accrue parmi le peuple , et le nombre des adorateurs de J.-C. s'est multiplié chaque jour. Le peuple avait compris, et déclarait ouyertement, que la jalousie des bonzes était le principe de ces accusations à notre égard. Dans ce pays j'ai travaillé longtemps et avec application afin de connaître , d'après toutes les anciennes traditions, si les Japonais ont jamais eu connaissance de J.-C, et j'ai fini par me convaincre, d'après leurs livres et leurs discours , qu'ils n'en avaient jamais rien connu. A Cangoxima, où nous sommes demeurés pendant une année, je me suis aperçu que le souverain et ses parents avaient une croix blanche dans leurs armoiries de famille , mais néanmoins qu'ils ignoraient entièrement le nom de J. -C.

Lorsque j'étais à Amanguchi , avec Cosme de Torrez et Joam Fernandez , le roi de Bungo, l'un des plus puissants du pays , m'écrivit pour me prier de me rendre auprès de lui : un navire portugais était entré dans son port , et il désirait conférer avec moi sur divers sujets. Aussitôt, afin de connaître les dispositions de son esprit touchant notre sainte religion et de rendre visite aux Portugais, je suis parti pour Bungo, laissant Cosme et Joam avec les chrétiens. Le roi m'a fait le plus favorable accueil. Pendant mon séjour à Bungo, le démon suscita de grands troubles dans Amanguchi. Un seigneur , maître de grandes forces , déclara la guerre à son souverain , le chassa de sa capitale et le dépouilla de ses États. Ce dernier, ne trouvant aucune voie de s'échapper, et ne voulant point tomber vivant entre les

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