LIVRE VII. —LETTRE HUITIÈRE
LETTRE VIIL
/ Au P. Antonio Heredla (1).
Voici les préceptes que vous devez observer dans vôtre ministère à Gochin : r:(
Avant toutes choses, vous vous appliquerez, avec toute la puissance qui est en tous, avec une sagesse et un zèle infinis, à vous concilier l'afifection de tout le monde, et principalement des prêtres et des religieux ; vous témoignerez un empressement tout particulier au chapitre et aux administrateurs de la sainte église de la Mère de Dieu, recherchant avec ardeur et mettant en œuvre tous les moyens, toutes les industries, poUr les bien convaincre que vous n'avez aucun autre désir que d'entrer humblement dans leurs intentions, et de contribuer de tous vos efforts à l'accroissement de la dévotion et de la vénération populaires envers ce sanctuaire de la Mère de N.-S. : vous les visiterez souvent et vous leur prodiguerez vos prévenances; enfin, c'est dans leur sein que vous dépose* rez avec confiance le poids de vos nécessités spirituelles, de vos doutes et de vos inquiétudes, et c'est d'eux que vous prendrez conseil.
Si des pauvres viennent imploref votre assistance pour leurs besoins temporels, vous les adresserez aux Confrères de la Miséricorde, auprès de qui vous plaiderez la cause de ces infortunés, afin de leur faire obtenir les secours que votre indigence personnelle VoUs rend impuissant à leur procurer; et Croyez que cette confession de pauvreté sera salutaire et fera comprendre, à ces autres pauvres, que l'aumône qu'ils vous devront ne proviendra pas dé vos
(l)Le p. Antonio Heredîa, arrivé aux Indes en 1551, fut, en 1562, nommé recteur du collège de Cochin : en 1553 il fut enyoyé à Ormuz , où il donna de merveilleux exemples de zèle apostolique, au milieu de la peste et des maux de tout genre qui affligèrent sa résidence.