‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 577 sur 759 · LIVRE VII. —LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. —LETTRE HUITIÈME

rez convaincu que vous n'arriverez à cette fin d'une manière efficace , et que vous ne verrez se réaliser vos désirs , que si vous faites paraître aux yeux du monde les preuves les plus signalées d'un détachement, d'une humilité à toute épreuve ; ceux qui vous auront jugé véritablement humble estimeront que vos Frères, qu'ils ne voient point, sont semblables à vous qui leur êtes présent, et concevront une opinion très-juste des religieux de la Compagnie de Jésus; ils accorderont à tout l'Institut l'estime et la faveur que le détachement de soi-même inspire naturellement au milieu du monde. ,.

C'est l'unique voie pour étendre la bonne renommée de la Compagnie : et vous le comprendrez sans peine, si vous vous souvenez que les premiers, qui, par leurs travaux dévoués uniquement au service de l'Église , ont conquis une si grande réputation à notre Ordre, n'ont dû leur succès qu'à l'exercice de toutes les vertus, et principalement au détachement de toute gloire humaine et à l'anéantissement de leur propre personne : c'était , à leurs yeux , le fondement de la vie parfaite, et ils en ont partout donné d'éclatants exemples. En imitant nos Frères, vous vous montrerez digne de notre nom, et vous dilaterez l'estime de la Compagnie : agir différemment, ce serait vous égarer, et ce serait détruire ce qu'ont édifié ces Pères!

Souvenez-vous, avant toutes choses, que l'ascendant qui s'exerce sur le peuple, que la faveur et l'assentiment de la multitude sont des grâces de Dieu : lui seul les accorde uniquement à ceux qu'il voit confirmés dans la vertu et qu'il juge devoir employer dignement ce talent si éminent et d'une efficacité souveraine pour leur propre salut et pour celui du troupeau qui leur est confié. Mais ceux qa'ii voit dans de telles dispositions qu'ils feront servir à la.sàtisfaction de leur amour-propre les fruits qui pourront provenir de leurs ministères , il les prive justement de sa grâce et ne leur concilie pas l'opinion des hommes : il ne leur permet point de recevoir, pour ainsi dire en poupe, le vent

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