LIVRE VII. — LETTRE DIXIÈME
cieux, d'un ornemeilt plus magnifique ou d'un appareil * plus auguste, on vous propose des dépenses, excusez-vous de les faire, comme ne devant passer qu'après de plus urgentes, et remettez-les à des temps plus favorables. L'excédant de revenu, vous l'emploierez, ainsi que je vous l'ai recommandé, pour faire élever les enfants des indigènes dans la saine doctrine et les bonnes mœurs. Ce sont ces temples spirituels dont Dieu se trouve le plus honoré ; en effet, ces enfants devenus des hommes, par leurs bons exemples et par la communication de la doctrine qu'ils auront reçue, seront dans la main de Dieu les admirables instruments des plus grandes œuvres, pour sa gloire et pour le salut du prochain.
Il y a peu de jours j'aifait partir d'ici Paul le Guzerate (1), qui a été instruit dans ce collège durant plusieurs années : il parle avec une merveilleuse facilité la langue vulgaire et se trouve assez versé dans la religion pour enseigner aux chrétiens indigènes les éléments de la Foi. Il pourra sans doute être utilement employé pour parler au peuple ; et si quelque chose lui manque sous le rapport de la science religieuse, nos Confrères, qui n'ont pas sa facilité pour le langage vulgaire, viendront à sonaide en lui préparant la matière et en lui fournissant les arguments de ses prédications.
J'approuve ce que vous avez écrit touchant le revenu du collège : que vous estimez devoir apporter tous vos soins à ce qu'il soit employé selon les intentions de sa majesté, telles qu'elles sont exprimées dans le titre de la fondation. Je désire également et d'une manière absolue qu'il en soit ainsi, d'abord parce que le devoir de la justice l'exige , et aussi pour ne point scandaliser le peuple, s'il voyait, ce qu'à Dieu ne plaise ! qu'on néglige cette obligation. Toutefois, après que l'on aura, selon la teneur des ordres de sa
(1) Paul le Guzerate, catéchiste et peut-être Frère laïque de la Compagnie. Le pays appelé Guzerate était une presqu'île au N. de Cambaie, vers le 22-lat.N. i
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majesté, pourvu d'une manière complète aux besoins de tous les pauvres qui sont avec vous, s'U reste quelque excédant, il n'est pas douteux qu'on pourra s'en servir légitimement et sans contrevenir à la volonté du roi, pour secourir les pauvres que nous avons ici, ceux surtout qui sont nés dans le pays, et qui pourront un jour se rendre utiles, fciomine Paul le Guzerate en est un exemple. Et si parmi les ébjets de vestiaire que tous les ans à Baçaïm on distribue aux pauvres sur les revenus du collège, quelques pièces d'étoffe se trouvaient au delà des besoins des indigents présents, vous pourriez nous les adresser, si ce devait être sans occasionner de plainte et sans scandaliser personne. En effet, nous avons un séminaire d'élèves pour l'habillement desquels ces étoffes seraient grandement utiles ; en observant toutefois, ainsi que je l'ai dit, que rien absolument ne soit retiré de ce qui est nécessaire aux indigents de Baçaïm, à qui la préférence est légitimement due en l'emploi du bienfait de sa majesté : avisez donc à satisfaire d'abord pleinement aux besoins de tous ceux dé Baçaïm, pour la décharge de notre conscience, et le principal devoir envers DieUi Ce devoir accompli, si rieu n'est demeuré, dont on puisse nous faire profiter, nous saurons nous passer de cette assistance avec une entière égalité d'âme. i. .
Vous devez en général vous consacrer éntièrement^â" l'exercice assidu de la prédication publique, de l'audition des confessions, de la visite et de la consolation des malades dans l'hôpital, des détenus dans la prison; enfin des autres œuvres de charité envers le prochain : vous prêtant avec empressement à tous les offices de ce genre qui vous seront suggérés par les principaux membres de la Confrérie de la Miséri(^rde, qui se livrent spécialement à des œuvres saintes. Si vous vous employez à ces devoirs avec zèle et dans des sentiments de charité et d'humilité, vous recueillerez, par un bienfait delà main divine, la faveur et la considération de toute la ville : et fussiez-vous dépouin^u d'éloquenge, votre MrQle,j^.
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