LIVRE VIL — LETTRE DIXIÈME
rares qu'aient été les occasions de la produire, se trouvant accompagnée et confirmée par le zèle et l'humilitié, fe^a naître de grands mouvements dans les âmes populaii'es, et vous fera recueillir les fruits les plus abondants. Observez seulement, et je vous le recommande encore de la façon la plus vive, de maintenir avec le vicaire de l'évêque un parfait accord et une amitié très-étroite , de vous condulpe avec les autres prêtres résidant à Baçaïm, avec le gouvê^r neur, les magistrats et les officiers du roi, enfin avec tous les habitants, d'une manière prudente, civile, modeste fit amicale. Croyez-moi, l'espérance d'un grand succès pour l'orateur sacré ne réside point dans la profondeur d§ la doctrine, dans le charme de la parole, dans la pompe et les ornements brillants du langage. Le principe et l'abrégé de l'art sont d'être apprécié et goûté de ceux à quil'on s'adresse, et de s'être muni par avance de la clef des cœurs avant de tenter de s'adresser aux oreilles. Vous persuaderez tout ee que vous voudrez, si vous êtes aimé de vos auditeurs, et vous attirerez/sans peine à Dieu de nombreus|s eonq^ites, si vous ne vous êtes aliéné personne. "1^ '
fin septembre prochain, époque à laquelle J'espère être à Malacca, faites en sorte que j'y trouve des lettres de vous longues et substantielles , qui m'instruisent avec précision et en détail des fruits de vos travaux apostoliques. Vous écrirez aussi et beaucoup plus souvent, à cause de la proximité et des occasions fréquentes entre les deux places , aux Pères du collège de Goa. - - ■ r - >
Oue Dieu ^otre-Seign/eur nous réunisse dans la gloire du Paradis i Amen. ^ .-^
Écrit à Goa ce jour, 3 avril 1552. • *-
Votre frère en J.-C. %,,-. "
* '^'- * ^ François.