LIVRE VIÏ. — LETTRE QUATORZIÈME
de J.-C. Je vous donnerai des nouvelles de notre voyage, dès notre arrivée à Malacca. x^i^ ;^i
Deux membres de la Compagnie Sont^ênVôyës cetÉ lift-ftée au Japon, à Amanguchi, auprès du P. Gosmë de Torrez, pour y apprendre la langue japonaise : afin que les Pères d'une éminente vertu et d'une grande expériètice qui seront venus de Lisbonne à Goa trouvent au Japon des Confrères de la Compagnie insti'uits dans la langue japonaise. Ces derniers exposeront aux Japonais, par une inté^ prétatiott sûre , les mystères de la religion de J.-G. et les autres instructions qu'ils auront recueillies de la bouche des Pères européens. Ce sera d'un grand secours pour ces Pèî^s, destinés à attaquer de front les académies japottâises, afin de courber toute la nation sous le joug délicieux de J.-G.
Vous aurez sujet de rendre grâces à N.-S. J.-G., en apprenant que nous avons ici plusieurs membres de la Compagnie, tant des Pères que des Frères, qui ont rendu et qui rendent tous les jours d'immenses services à la religion chrétienne par la prédication, par le ministère de la confession, par la conciliation des différends et par les autres œuvres de piété : mon âme en a reçu d'ineffables consolations. "
J'ai établi recteur du collège de Goa le P. Gaspard, que j'apprécie infiniment à cause de la perfection de son humilité et de son obéissance. Il possède un merveilleux ta-
{livre V*, lettre ii*), qui sans doute retourna dans les Indes, et sur qui l'on n'a point de détails; et les Frères Edouard de Silva et Pierre d'Aicaceva.
Les obstacles apportés au voyage du Saint vers la Chine le déterminèrent à faire partir pour le Japon le P. Gage et les Frères Silva et Alcaceva.
Pierre d'Aicaceva revint presque immédiatement du Japon aux Indes, y étant envoyé par le P. de Torrez pour les affaires de la religion , et sans doute il y termina sa carrière apostolique et son existence.
Edouard de Silva travailla douze ans avec un succès prodigieux dans différentes chrétientés du Japon. Il composa une grammaire japonaise et un dictionnaire japonais-portugais. Une lettre du P. Louis Almeida raconte sa sainte mort dans les termes les plus touchants : ce fervent religieux rendit l'âme entre les bras du P. Cosme de Torrez, en l'année 1564.
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