‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 602 sur 759 · LIVRE VII. — LETTRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LETTRE QUATORZIÈME

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R' Ipjace, quelques Pères pour la mission du Japon, et un hoipme éminent en vertu et en prudence, pour être à la tête de ce collège et de la Compagnie dans les Indes. La Compagnie, en ces contrées, est singulièrement divisée et comme disséminée partout; elle s'étend dans la Perse (1), à Cambaïe, au Malabar, sur la côte de la Pêcherie, à Malacea, aux Moluques, aux îles du More et dans l'archipel du Japon; tous ces lieux sont infiniment distants de la cité de Goa. Le supérieur de la Compagnie à Goa doit donc, lorsque nos Pères et nos Frères vivent dans des régions si lointaines et si distantes entre elles, s'il veut pourvoir à leurs intérêts, veiller sur leur existence et remédier à leurs infirmités, il doit, dis-je, faire éclater une expérience consommée et la plus haute vertu.

Il me semblerait convenable que le porteur de cette lettre remît au P. Ignace, en même temps que la mienne, la vôtre et celle de sa majesté sur le même objet : j'ai, en effet, écrit dans le même sens à notre Père. Les sujets que je désire me paraissent pouvoir être retirés, sans inconvénient, des résidences de la Compagnie en Europe. Des Pères dépourvus de talents pour le ministère de la prédication vous sont peu nécessaires. Or les sujets que nous recevons id dans la Compagnie ne nous peuvent servir que pour les fonctions temporelles et les offices intérieurs de la maison; à peine en est-il quelqu'un d'assez initié dans les lettres, pour être mis en état de recevoir le sacerdoce. Je vous le dis, afin que vous compreniez quel nombre de prêtres on doit nous envoyer tous les ans.

0 mon bien-aimé Frère Simon, concevez-vous l'œuvre immense qu'enfin nous inaugurons? Et si Dieu permet que la lumière de l'Évangile soit portée chez un peuple si judicieux et si docile, vous ferez bien de venir vous-même en Chine, pour assouvir votre ardeur du salut des âmes. Si j'y pénètre, sous les auspices de Dieu, je vous exposerai

(1) Ormuz était tributaire de la Perse.

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