LIVRE \IU — LETTRE QUATORZIÈME
yeux, parmnies universités japonaises, l'étendue des disfe^^ tances ne permet point de porter avec soi les objets nécessaires au Saint-Sacrifice, et l'on doit demeurer privé de l'aliment céleste, qui confirme le cœur de l'homme (1) et qui est l'unique consolation de tous les maux. C'est en effet j dans ces contrées , la plus douloureuse de nos peines ; si dans Amanguchi, où la Compagnie possède une résidence, on a la faculté de célébrer les divins mystères , il n'en est plus de même dans les universités où se rendent souveipt nos Pères d' Amanguchi. On ne saurait transporter sani^. péril les vases sacrés pour le Saint-Sacrifice, à travers dj^ routes infestées de voleurs. Aussi je craindrais malheuréai sèment, si quelques sujets étaient envoyés pour la mission du Japon, sans être pourvus des vertus suffisantes afin de résister au poids de ces excessives misères, je craindrais qu'ils ne s'exposassent à une ruine, pom' ainsi dire, infailfible.
En vérité, je crois que, pour supporter les froids excessifs et les épreuves de ces contrées, les prêtres belges ou allemands de la Compagnie seraient préférables à d'autres» ces prêtres ayant l'expérience des années écoulées de leur vie; oui, ces sujets me paraissent convenir entre tous pour le Japon et la Chine. Mais je ne doute pas que Dieu, qui dirige toutes les affaires dans l'intérêt général de sa gloire et du salut des âmes, ne vous prépare les moyens de concourir à ses vues et d'élire pour ces contrées les sujets les plus convenables. Je vous le demande encore avec instance, choisissez des personnes éprouvées par les travaux et les dangers , afin qu'avec l'assistance divine ils soient victorieux de ces misères et de ces souffrances. Ceux dont la vertu n'a point paru dans le champ des épreuves et de la persécution, ne sauraient recevoir aucun grand ministère.
Je vous prie d'adresser une requête à sa majesté et de la prier qu'elle daigne demander, dans une lettre à notre
(1) Ps. CXI, 8.