‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 61 sur 759 · AVRIL-DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

AVRIL-DÉCEMBRE

Le navire était encore éloigné de Malacca, lorsque le Saint connut, ' par une révélation divine, un fléau contagieux qui sévissait dans cette ville. Il passa, dans de continuelles prières, en faveur de cette cité malheureuse, les derniers jours de la navigation : et dès lors les châtiments infinis, qui devaient affliger Malacca, étaient sans doute présents à sa pensée. . / ' ■ -^ ;

Dès son arrivée, il alla visiter les infirmeries, prodiguant aux malades tous les secours et toutes les consolations, et la plupart du temps, la guérison spirituelle avec la coq^orelle.

VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

Au milieu des pestiférés, Xavier et ses compagnons, multipliant leurs œuvres et leurs fatigues, n'éprouvèrent aucun effet de la contagion. Parmi l'équipage de leur navire, quarante matelots périrent : la ville entière était semée de morts et de mourants. 3iais Xavier et ses Confrères se virent préservés par la permission divine.

Dans ces derniers temps de la vie du Saint, des miracles signalaient tous ses pas : parmi les résurrections opérées à sa prière, et dont nos mémoires ne nous rapportent qu'un petit nombre, l'une des plus extraordinaires fut celle de François Xiavo. Ce jeune homme, empoisonné par une flèche que ses lèvres avaient touchée, venait d'expirer, et l'on s'apprêtait à l'ensevelir. François, voyant la douleur de sa mère, le prit par la main et lui dit : « Au nom de Jésus- Christ, François, levez-vous! » Le mort se leva, et, dès cette heure, fit vœu de consacrer à Dieu la vie qu'un miracle avait ra})pelée en lui. Il prit l'habit de la Compagnie, et fut jusqu'à sa mort un parfait religieux.

Quand la peste eut cessé ses ravages, Xavier tourna ses pensées vers le voyage de Chine, et sollicita d'Alphonse Alvare da Gama, gouverneur de Malacca, la protection et les secours qui lui étaient nécessaires; mais il trouva dans ce personnage des sentiments indignes d'un Portugais et d'un fils du grand amiral Vasco da Gama, indignes surtout d'un chrétien. En vain aussi Xavier l'avait comblé de ses bienfaits et des témoignages de sa charité. Le Saint avait remis à Alvare, de la part du vice- roi Noronha, des lettres lui concédant de nombreux privilèges ; et récemment, dans une maladie grave de ce gouverneur, le vénérable Père s'était fait son infirmier, le quittant à peine et lui prodiguant tous ses soins. Tous les jours Xavier célébrait en sa présence le Saint-Sacrifice de la Messe, et implorait en sa faveur la divine Miséricorde. Alvare, infidèle à la grâce, rebelle à tant de bienfaits, enviait à Pereira l'honneur et les bénéfices de l'ambassade en Chine, et il résolut de s'opposer à tout prix à cette expédition. Ki les ordres du vice-roi ni les prières de Xavier ne purent vaincre sa résistance : rien , pas môme un don considérable offert par Pereira lui-même , en dédommagement des espérances déçues du malheureux gouverneur.

Gama fit enlever le gouvernail de la Sainte-Croix, et le fit déposer dans sa propre demeure, prétextant les dangers d'une invasion ennemie et la nécessité de garder tous les navires au port : et après^

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